POLITIQUE

Former des Français à faire la guerre : Le plan choc du gouvernement pour renforcer l’armée

Former en 6 mois un civil à devenir militaire. L’idée peut sembler folle, irréaliste, même dangereuse. Et pourtant, c’est bien le pari qu’Emmanuel Macron et son gouvernement ont décidé de relever, à la veille du 14 juillet 2025, dans un contexte international incertain.

Ce n’est plus un fantasme d’État-major ni une option théorique discutée dans les think tanks. C’est une urgence stratégique. Ce 13 juillet 2025, dans les jardins de l’Hôtel de Brienne, le président a dressé un tableau lucide et sans fard des menaces qui planent sur la France. Guerre en Ukraine, tensions en mer de Chine, cyberattaques, terrorisme persistant… Le monde bascule, et la France doit s’adapter.

🔥 Le choc des mots : « Apprendre à faire la guerre »

Le ton est donné dès les premières lignes du discours présidentiel. Emmanuel Macron ne cherche pas à rassurer. Il alerte. Il mobilise. Il choisit ses mots avec soin. Et dans l’ombre du drapeau tricolore, les militaires en uniforme retiennent leur souffle.

Mais ce n’est pas seulement une question de budget — bien que celui-ci explose avec 7 milliards d’euros supplémentaires pour 2026 et 2027. Non, c’est un changement de doctrine. Un virage.

Un lieutenant-colonel le résume en une phrase glaçante :

« En 6 mois à un an, on apprend à faire la guerre. À tuer, à survivre. Ce n’est pas un camp de vacances. »

Cette phrase n’est pas prononcée à la légère. Elle reflète une prise de conscience brutale : La guerre n’est plus une hypothèse lointaine. Elle est possible. Elle est proche. Et la France doit pouvoir compter sur une armée agile, nombreuse, prête. Une armée qui ne repose plus seulement sur ses professionnels, mais aussi sur ses citoyens.

🧢 Le retour en force du Service Militaire Volontaire

Le SMV, lancé timidement en 2015 après la suppression du service militaire obligatoire, entre dans une nouvelle ère. Jusqu’alors limité à quelques milliers de jeunes éloignés de l’emploi, il devient aujourd’hui un levier stratégique pour préparer des milliers de volontaires aux réalités de la guerre.

Objectif : Passer à grande échelle. Offrir à des jeunes — souvent sans diplôme, parfois en rupture — une formation militaire complète de 6 à 12 mois, incluant :

  • la discipline militaire,
  • l’entraînement physique intensif,
  • les gestes de premier secours,
  • la manipulation d’armes,
  • et l’apprentissage du combat en situation réelle.

Mais au-delà de l’aspect martial, le SMV vise aussi une remobilisation citoyenne, une réintégration sociale. C’est un double pari : Former des soldats… et reconstruire des hommes.

🪖 Les réservistes : Colonne vertébrale de l’armée hybride

Autre pilier du plan : La réserve opérationnelle. En 2024, elle comptait environ 45 000 personnes. L’ambition du ministère des Armées est claire : Atteindre les 52 000 d’ici fin 2026, et ne pas s’arrêter là.

Le ministre des Armées, Sébastien Lecornu, le répète depuis des mois : 

« Nous allons vers une armée hybride. Professionnelle, mais aussi citoyenne. »

Ces femmes et ces hommes, souvent actifs dans la vie civile, s’engagent quelques jours ou semaines par an. Mais en cas de crise majeure, ils peuvent être rappelés, mobilisés, projetés. C’est la deuxième ligne invisible de la défense française.

💶 L’argent : Levier ou mirage ?

Reste la question qui fâche : Comment financer tout cela ?

Le président promet que les 7 milliards d’euros ne seront pas empruntés mais générés par la croissance économique et les efforts de rationalisation budgétaire. Un vœu pieux pour certains, un engagement politique fort pour d’autres.

En tout cas, l’argent ne manque plus. La LPM (Loi de Programmation Militaire) 2024‑2030 prévoit 413 milliards d’euros d’investissements, un niveau historique. C’est un signal fort aux partenaires comme aux ennemis : La France veut rester une puissance militaire de premier rang.

🤝 Coopérations stratégiques : Vers une Europe des armées ?

Macron l’a souligné dans son discours : Au-delà des effectifs, la France renforce ses alliances stratégiques, notamment avec le Royaume-Uni. Une coopération renforcée autour de la dissuasion nucléaire, du renseignement, et des systèmes d’armement.

À plus long terme, une défense européenne devient de plus en plus crédible. Mais pour l’instant, c’est l’autonomie nationale qui prime, et la formation des forces vives.

📢 Appel à la jeunesse : « Soyez prêts »

Le message final de Macron s’adressait directement à la jeunesse :

« Nous ne voulons pas la guerre. Mais nous devons être prêts. Et pour cela, nous avons besoin de vous. »

Un appel sans précédent à l’engagement. Pas pour défendre des intérêts abstraits. Mais pour défendre la France, son territoire, ses valeurs.

🎖️ Le retour du devoir

6 mois pour apprendre à faire la guerre. Ce n’est plus une fiction. C’est un fait. Un choix politique. Un tournant historique. La France change de paradigme. Elle ne parie plus sur la paix comme évidence, mais sur la capacité à la défendre.

Dans cette nouvelle ère, chaque jeune volontaire devient une pierre à l’édifice de la résilience nationale. Chaque réserviste, un bouclier invisible. Et chaque citoyen, peut-être, un futur soldat.

Yann GOURIOU

Auteur indépendant installé en Bretagne, je réalise des enquêtes et des reportages de terrain pour mon blog. J’écris avec une approche humaine, sensible et engagée, en donnant la parole à celles et ceux dont on n’entend rarement la voix.

3 réflexions sur “Former des Français à faire la guerre : Le plan choc du gouvernement pour renforcer l’armée

  • Apprendre à faire la guerre en six mois ? Très peu pour moi. Je suis militant à La France Insoumise depuis des années, et je le dis clairement : Je refuse qu’on transforme la jeunesse en chair à canon, en soldats dociles prêts à tuer sur ordre. Ce n’est pas ça, la République. Ce n’est pas ça, l’avenir que je veux défendre.

    Je milite pour la paix, pour la justice sociale, pour un monde où l’on désarme les conflits au lieu d’armer les populations. Qu’un gouvernement ose proposer à des jeunes précaires de “se former à la guerre” comme on leur vend une solution d’insertion, c’est une insulte. Une manipulation cynique qui joue sur la misère pour gonfler des effectifs militaires.

    La guerre, ce n’est pas un métier. C’est un échec. Et quand on met 413 milliards dans l’armée mais qu’on laisse nos hôpitaux, nos écoles et nos quartiers à l’abandon, alors c’est qu’on a perdu bien plus que la paix : On a perdu notre humanité.

    Non, je n’irai pas apprendre à faire la guerre. Je continuerai à me battre, mais avec mes idées, mes mots, ma voix. Parce que moi, je crois encore en une France debout… sans fusil dans les mains.

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  • J’suis à la rue depuis des mois. Pas à la rue comme on imagine, avec une tente sous un pont. Non. Moi, je suis ce qu’on appelle un SDF invisible. Je dors de canapé en canapé. Un soir chez un pote, une semaine chez un ancien collègue, parfois dans une voiture. Pas de domicile, pas d’adresse fixe. Juste une valise, et une angoisse collée au ventre chaque soir : “Où est-ce que je vais dormir demain ?

    Alors quand j’entends que l’État cherche des volontaires pour apprendre à faire la guerre en 6 mois, je me dis : Pourquoi pas moi ? Qu’est-ce que j’ai encore à perdre ? Le confort ? J’en ai plus. La stabilité ? Elle est morte avec mon dernier contrat en intérim. L’avenir ? Il me fuit.

    Si c’est bien payé, s’il y a un lit, trois repas, un uniforme, une place… alors ouais, je signe. Je m’en fous de la politique, des grandes stratégies militaires. J’veux juste exister. Et si ça passe par marcher au pas, tirer au fusil, porter un sac de 20 kilos sur le dos… j’le ferai. On dit qu’en six mois, on devient soldat ? En six mois, j’ai surtout besoin de redevenir quelqu’un.

    La guerre me fait pas peur. La rue, elle m’a déjà formé. J’me suis battu pour manger, pour survivre, pour pas devenir fou. Alors s’il faut maintenant apprendre à faire la vraie guerre, et que ça peut me sortir du néant… qu’ils m’envoient l’adresse. J’y serai.

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  • « On nous parle de former des jeunes en six mois pour faire la guerre… Mais est-ce vraiment ça, l’avenir qu’on veut ? Moi, je ne veux pas apprendre à tirer, à tuer, à obéir aveuglément. Je ne veux pas savoir comment on fait la guerre. Je veux savoir comment on construit la paix. »

    Je m’appelle Rayan, j’ai 28 ans. J’ai grandi dans une cité de banlieue, où la violence, je la connais déjà trop bien. J’en ai vu les dégâts, les larmes, les enterrements. On ne m’a jamais proposé de formation pour construire, pour réparer, pour dialoguer. Mais aujourd’hui, on me tend un uniforme. On me dit que mon pays a besoin de moi… pour la guerre.

    Je suis patriote, oui. Mais mon patriotisme, c’est celui de la paix, de la main tendue, pas celui du fusil. Je crois à un monde où on n’envoie pas les jeunes mourir pour des décisions prises loin d’eux. Former une génération à faire la guerre en six mois, c’est créer une génération qui n’aura pas connu d’autre choix.

    Je ne veux pas de guerre. Je veux qu’on investisse dans l’éducation, dans la santé, dans l’écoute. Pas dans les armes. Mon engagement, je le donne pour la vie, pas pour la mort.

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