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Maladie de Bowen : Ce cancer de la peau souvent confondu avec de l’eczéma

Une simple plaque rouge sur la peau peut cacher bien plus qu’une irritation. La maladie de Bowen, forme précoce de cancer cutané, se développe lentement sans douleur. Voici tout ce qu’il faut savoir pour la reconnaître, la soigner et la prévenir.

Elle ne brûle pas, elle ne saigne pas. Elle s’installe lentement, sous la forme d’une plaque rouge et squameuse que l’on prend souvent pour une simple irritation. Pourtant, la maladie de Bowen est bel et bien un cancer cutané au stade précoce, aussi appelé carcinome épidermoïde in situ.

Sous ses airs discrets, elle peut, si on la néglige, évoluer vers une forme invasive du cancer de la peau. Ce dossier complet vous explique comment elle se forme, comment la reconnaître, comment la soigner et surtout comment l’éviter.

🔬 Comprendre la maladie de Bowen

La maladie de Bowen correspond à un cancer superficiel de la peau, limité à la couche la plus externe : L’épiderme.

À ce stade, les cellules cancéreuses ne se sont pas encore propagées vers les tissus plus profonds. C’est ce qui différencie cette maladie d’un carcinome épidermoïde invasif, bien plus dangereux.

Elle évolue lentement, souvent sur plusieurs mois ou années, sous forme d’une tache rougeâtre, rugueuse et légèrement croûteuse.

Cette lésion ne guérit jamais d’elle-même. Beaucoup de patients pensent à une dermite, un psoriasis, un champignon ou une allergie cutanée, et tardent à consulter.

Or, plus le diagnostic est précoce, plus les chances de guérison totale sont élevées.

📍 Les zones du corps les plus touchées

Les lésions apparaissent principalement sur les zones exposées au soleil et aux ultraviolets :

  • Le visage,
  • Les avant-bras,
  • Les mains,
  • Les jambes,
  • Le cou,
  • Le décolleté.

Mais la maladie de Bowen peut aussi toucher des zones non exposées, notamment les organes génitaux, le tronc ou le cuir chevelu.

Dans les régions intimes, on parle alors d’érythroplasie de Queyrat, une forme muqueuse spécifique de la maladie.

🌞 Les causes et les facteurs de risque

La maladie de Bowen est liée à une accumulation de mutations dans l’ADN des cellules cutanées.

Ces mutations empêchent les cellules de se diviser normalement et les conduisent à se multiplier sans contrôle.

Les causes les plus fréquentes sont :

  • L’exposition solaire répétée sans protection, principale source de mutations induites par les rayons ultraviolets (UVB et UVA).
  • L’utilisation de cabines de bronzage artificiel, tout aussi nocives.
  • L’infection par le papillomavirus humain (HPV), surtout pour les formes génitales.
  • L’exposition à des produits chimiques cancérigènes (arsenic, hydrocarbures, goudrons, solvants).
  • Une immunodépression (personnes greffées, infectées par le VIH, sous traitement immunosuppresseur).
  • Le vieillissement cutané, qui réduit la capacité de la peau à réparer son ADN.
  • Certains antécédents familiaux de cancers cutanés.

Ces facteurs fragilisent la peau et perturbent le mécanisme naturel d’autodéfense des cellules.

🧬 Ce qui se passe à l’intérieur du corps

Pour comprendre la maladie de Bowen, il faut imaginer la peau comme un bouclier vivant, composé de plusieurs couches de cellules.

L’épiderme, sa partie visible, est constitué de kératinocytes, qui se renouvellent en permanence. Lorsqu’ils sont exposés à des agressions (soleil, virus, produits toxiques), leur ADN peut subir des mutations irréversibles.

Ces cellules mutées échappent alors au contrôle biologique habituel : Elles se multiplient sans s’arrêterne meurent plus au bon moment et occupent tout l’espace de l’épiderme. Mais elles restent encore en surface, sans franchir la barrière profonde appelée membrane basale.

Cette membrane est la frontière entre le cancer in situ (localisé) et le cancer invasif (qui infiltre les tissus et peut métastaser).

Tant qu’elle reste intacte, la maladie est curable.

Mais si les cellules franchissent cette barrière, elles peuvent atteindre le derme, puis les vaisseaux sanguins et lymphatiques, ouvrant la voie à une propagation.

Le système immunitaire tente d’intervenir. Il envoie des cellules de défense sur la zone, provoquant l’inflammation que l’on voit à la surface : Rougeur, chaleur, croûtes.

Mais si le système est affaibli, le corps perd ce combat invisible.

👀 Comment reconnaître les symptômes de la maladie de Bowen

Le premier signe d’alerte est l’apparition d’une plaque rouge persistante.

Cette plaque :

  • Est rugueuse ou croûteuse,
  • Démange parfois,
  • À des bords nets,
  • S’étend lentement,
  • Ne guérit jamais complètement.

La couleur varie du rose pâle au rouge brunâtre, et la surface peut être sèche, écailleuse ou suintante. Dans les zones intimes, la lésion est souvent luisante et non squameuse, ce qui la rend plus difficile à repérer.

Dès qu’une tache cutanée persiste plus de quelques semaines, il faut consulter un dermatologue.

🩺 Le diagnostic médical

Le diagnostic de la maladie de Bowen repose sur deux étapes :

  1. L’examen clinique : Le dermatologue observe la lésion à l’œil nu ou à l’aide d’un dermatoscope, un appareil qui agrandit la peau.
  2. La biopsie cutanée : Un petit fragment de peau est prélevé sous anesthésie locale, puis analysé au microscope.

L’analyse révèle des cellules anormales occupant toute l’épaisseur de l’épiderme. Elles présentent un noyau irrégulier, une taille augmentée et un désordre cellulaire complet. Mais l’absence d’infiltration dans le derme confirme que le cancer est in situ.

Les tests immunohistochimiques montrent souvent une activation des gènes p53 et Ki-67, marqueurs d’une prolifération cellulaire excessive.

💊 Les traitements efficaces contre la maladie de Bowen

Le choix du traitement dépend de la taille, de la localisation et du nombre de lésions.

🔹 Cryothérapie

Elle consiste à appliquer de l’azote liquide sur la zone, détruisant les cellules cancéreuses par le froid.

Rapide, efficace et sans cicatrice majeure.

🔹 Crèmes anticancéreuses

Des traitements locaux comme le 5-fluorouracile ou l’imiquimod permettent de traiter les petites lésions sans chirurgie.

Ils déclenchent une réaction inflammatoire qui élimine les cellules anormales.

🔹 Photothérapie dynamique

On applique une crème photosensibilisante, puis on expose la zone à une lumière rouge spécifique.

Les cellules cancéreuses absorbent la lumière et sont détruites sélectivement.

🔹 Chirurgie d’exérèse

Indispensable pour les lésions profondes ou récurrentes.

Elle garantit une guérison complète dans la majorité des cas.

🔹 Curetage et électrocoagulation

Méthode mécanique associant le grattage de la lésion et la cautérisation du fond.

Le taux de guérison dépasse 95 % lorsque le diagnostic est précoce.

🧠 L’impact psychologique souvent oublié

Entendre le mot cancer provoque une onde de choc, même s’il s’agit d’une forme localisée. Beaucoup de patients traversent une phase d’angoisse, parfois de déni. Certains évitent de montrer la lésion, d’autres scrutent chaque centimètre de leur peau par peur de récidive.

Le retentissement psychologique est réel : Perte de confiance, isolement, anxiété. Chez les personnes âgées, la honte d’une tache visible sur le visage ou les mains peut conduire à l’évitement social.

Un accompagnement, même léger, aide à accepter la maladie et à apaiser la peur du mot “cancer”.

💡 Prévention et protection

La prévention reste la meilleure arme. Voici les règles essentielles pour réduire le risque de maladie de Bowen :

  • Évitez les expositions prolongées au soleil, surtout entre 11 h et 16 h.
  • Appliquez une crème solaire à indice 50+ sur toutes les zones exposées.
  • Portez des vêtements protecteurs : chapeau, manches longues, lunettes.
  • Surveillez régulièrement votre peau : toute tache rouge persistante doit être contrôlée.
  • Arrêtez les cabines UV : elles augmentent fortement le risque.
  • Renforcez votre immunité par une alimentation équilibrée et un mode de vie sain.

🕊️ Un message du corps à ne pas ignorer

La maladie de Bowen, au-delà de l’aspect médical, peut être comprise comme un signal d’alerte du corps.

Une tache qui ne guérit pas, c’est parfois un déséquilibre intérieur : un trop-plein de soleil, de stress, ou une fatigue immunitaire.

Notre peau est le reflet de notre vie intérieure. Elle exprime nos tensions, nos excès, nos blessures invisibles. Reconnaître une maladie comme celle-ci, c’est aussi apprendre à écouter ce que le corps essaie de dire sans mots.

✅ À retenir

  • La maladie de Bowen est un carcinome épidermoïde in situ, un cancer de la peau superficiel.
  • Elle se manifeste par une tache rouge persistante et se soigne très bien si elle est détectée tôt.
  • Le soleil et les UV artificiels sont les principaux responsables.
  • Les traitements sont variés et très efficaces : crèmes, cryothérapie, photothérapie ou chirurgie.
  • La vigilance, l’auto-surveillance et la consultation rapide sont essentielles pour éviter une évolution invasive.

🔚 En conclusion

La peau garde en mémoire nos excès, nos blessures et nos oublis.

La maladie de Bowen n’est pas une fatalité, mais un rappel : celui de protéger notre enveloppe la plus précieuse, celle qui nous relie au monde. Une plaque rouge, un signal du corps, un appel à ralentir. Car la guérison commence souvent au moment où l’on commence à écouter ce que la peau murmure.

Source : Doctissimo

Yann GOURIOU

Auteur indépendant installé en Bretagne, je réalise des enquêtes et des reportages de terrain pour mon blog. J’écris avec une approche humaine, sensible et engagée, en donnant la parole à celles et ceux dont on n’entend rarement la voix.

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