Ras-le-bol des clients Ouigo face aux prix
Présenté comme le train low cost accessible à tous, Ouigo est aujourd’hui accusé par ses propres usagers d’être devenu trop cher. Certains font un choix radical.
Pendant des années, Ouigo a incarné une promesse simple et séduisante : Permettre au plus grand nombre de voyager en train à petit prix. Une alternative populaire à la voiture, présentée comme économique, pratique et plus respectueuse de l’environnement. Mais aujourd’hui, cette promesse semble de plus en plus remise en question par les voyageurs eux-mêmes.
Dans les gares, sur les quais, dans les files d’attente, le discours a changé. Là où l’on parlait autrefois de bons plans, on évoque désormais la déception. « C’est fini, je reprends la voiture », lâchent certains usagers, lassés par des tarifs qu’ils jugent excessifs pour une offre censée rester low cost.
Ouigo avait bâti son succès sur un modèle clair : Des billets à bas prix en échange de services réduits. Horaires parfois contraignants, gares excentrées, options payantes… Le compromis était accepté, car le prix restait attractif. Mais avec le temps, cette équation semble s’être déséquilibrée.
De nombreux voyageurs constatent aujourd’hui que les billets Ouigo ont fortement augmenté, notamment lorsqu’ils sont achetés tardivement. Sur certains trajets, l’écart de prix avec un TGV classique s’est considérablement réduit, voire effacé. À cela s’ajoutent les frais annexes, qui alourdissent rapidement la facture finale.
Pour les familles, les couples ou les groupes, le calcul devient vite défavorable. Entre plusieurs billets, les bagages, parfois les correspondances, le coût global peut dépasser celui d’un trajet en voiture. Une voiture qui offre, en comparaison, plus de liberté, moins de contraintes horaires et une impression de maîtrise du budget.
Ce basculement est d’autant plus frappant que Ouigo était souvent présenté comme un pilier de la démocratisation du train. Voir des usagers renoncer au rail pour des raisons financières interroge sur l’accessibilité réelle des transports en France. Le train reste apprécié, mais il doit rester abordable pour remplir sa mission.
Derrière le mécontentement, il n’y a pas un rejet du train en tant que tel, mais un sentiment de décalage entre le discours marketing et la réalité vécue. Les voyageurs ne demandent pas le luxe. Ils demandent de la cohérence. Et lorsque cette cohérence disparaît, ils cherchent ailleurs.
Pour beaucoup, reprendre la voiture n’est pas un choix idéologique, mais une solution par défaut. Une décision pragmatique, née d’un ras-le-bol silencieux qui s’exprime désormais à voix haute.
