POLITIQUE

Pourquoi Gérard Larcher annonce une plainte contre Rima Hassan

Entre insultes publiques, accusations explosives et bataille autour des pesticides, un nouvel affrontement oppose le Sénat à une eurodéputée très médiatisée. Gérard Larcher sort l’arme judiciaire.

Les échanges sont devenus si violents qu’ils ont franchi un nouveau seuil. Ce vendredi 6 février, Gérard Larcher a annoncé le dépôt d’une plainte visant l’eurodéputée Rima Hassan, ouvrant un nouvel épisode judiciaire dans une séquence politique déjà extrêmement tendue.

À l’origine de cette décision, une réaction virulente de l’élue insoumise à une proposition de loi déposée par le sénateur Laurent Duplomb, visant à réintroduire deux pesticides controversés, accusés de présenter des risques pour la santé humaine et l’environnement. Une initiative qui a immédiatement ravivé une colère déjà très présente dans le débat public.

Sur les réseaux sociaux, Rima Hassan a qualifié le sénateur d’« ordure » et dénoncé son obstination malgré l’opposition de plus de deux millions de citoyens ayant signé une pétition demandant l’abrogation d’un précédent texte. Elle est allée plus loin en s’interrogeant publiquement sur l’influence supposée des lobbies agro-industriels, avant d’encourager ses abonnés à interpeller directement l’élu via son adresse institutionnelle.

Dans un autre message, l’eurodéputée a franchi un cap supplémentaire en affirmant que, dans une démocratie fonctionnelle, la place du sénateur serait selon elle « en prison ». Des propos jugés inacceptables par la présidence du Sénat.

Un responsable politique âgé, assis dans un bureau institutionnel, vêtu d’un costume sombre et d’une cravate, s’exprimant avec un sourire contenu dans un décor officiel.
Gérard Larcher dégaine la plainte contre l’eurodéputée Rima Hassan

Dans un message publié le 6 février, Gérard Larcher a dénoncé des « outrances et des insultes » et confirmé qu’une plainte avait été déposée, précisant que le Sénat envisageait de se constituer partie civile. Le sénateur visé a indiqué avoir saisi officiellement la présidence de la chambre haute et a répondu par un communiqué au ton particulièrement dur, accusant son opposante de faire du chaos son unique projet politique.

La séquence a immédiatement provoqué un réflexe de solidarité politique. Le président des Républicains Bruno Retailleau a publiquement soutenu le sénateur, reprochant à l’eurodéputée de se complaire dans la haine et la provocation permanente.

Mais au-delà de l’affrontement personnel, le fond du dossier continue de diviser profondément. La tentative de réautorisation de l’acétamipride ne fait pas l’unanimité, y compris au sein de la majorité présidentielle. À l’approche du Salon de l’Agriculture et alors qu’un débat doit se tenir à l’Assemblée le 11 février, le sujet devient politiquement explosif.

Jusqu’au sommet de l’État, la prudence s’impose. Emmanuel Macron a choisi de temporiser, renvoyant la décision finale à l’avis attendu du Conseil d’État. Une manière de gagner du temps, alors que la pression citoyenne et médiatique ne cesse de s’intensifier.

Cette affaire illustre une nouvelle fois la radicalisation du débat politique, où les mots, désormais amplifiés par les réseaux sociaux, peuvent rapidement se transformer en armes judiciaires. Un climat sous haute tension, à l’image d’une scène politique française de plus en plus inflammable.

Yann GOURIOU

Auteur indépendant installé en Bretagne, je réalise des enquêtes et des reportages de terrain pour mon blog. J’écris avec une approche humaine, sensible et engagée, en donnant la parole à celles et ceux dont on n’entend rarement la voix.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Qui sommes-nousCharte éditorialeMentions légalesPartenariats & PublicitéContact
© MyJournal.fr — Média indépendant fondé et dirigé par Yann GOURIOU.
Rédacteur en chef : Yann GOURIOU — Tous droits réservés.