POLITIQUE

Achats publics : l’État dépense 400 milliards d’euros chaque année

Poubelle à 176 euros, chaise 57 % plus chère qu’en magasin, hôpital dont la facture triple… Les achats publics français pourraient générer plusieurs milliards d’euros d’économies chaque année.

👉 Une cafetière payée 160 euros au lieu de 60.

👉 Une poubelle facturée 176 euros alors qu’elle coûte 3,99 euros en magasin.

👉 Une chaise vendue 57 % plus cher que son équivalent grand public.

Ces exemples ne sont pas des cas isolés. Ils illustrent les dérives dénoncées dans la commande publique française.

Chaque année, selon la Cour des comptes européenne, la France dépense jusqu’à 400 milliards d’euros pour ses achats publics. Cela inclut les fournitures des mairies, les médicaments des hôpitaux, les repas des cantines ou encore les grands chantiers d’infrastructures.

📍 Un montant équivalent aux pensions de retraite versées dans le pays.

Pourtant, selon l’Inspection générale des finances, au moins 5 milliards d’euros pourraient être économisés chaque année pour les seules collectivités locales en rationalisant les achats.

Le sénateur PS du Morbihan Simon Uzenat dénonce une gouvernance éclatée. Les responsabilités sont dispersées entre plusieurs directions administratives.

Drapeaux français et européens alignés devant un bâtiment institutionnel moderne en verre et en acier sous un ciel bleu, symbolisant les institutions publiques et la gouvernance nationale.
Dépenses publiques françaises

📍 Résultat : un système difficilement lisible et peu coordonné.

Les centrales d’achat, au nombre d’environ 70, sont censées mutualiser les commandes pour obtenir de meilleurs prix. Mais certains élus estiment acheter 25 à 30 % plus cher que les entreprises privées.

L’Ugap, principal opérateur du secteur, revendique des prix compétitifs. Son directeur général adjoint Jérôme Thomas reconnaît toutefois que certains produits peuvent être plus chers que dans la grande distribution, invoquant les normes, les garanties et la robustesse des équipements.

Au-delà des fournitures, les grands chantiers publics dérapent régulièrement. Les projets supérieurs à 100 millions d’euros, représentant 145 milliards d’euros l’an dernier, dépassent en moyenne leur budget initial de 20 %. Le cas du CHU de Nantes, dont la facture a atteint 1,2 milliard d’euros, en est l’illustration.

Les normes ajoutent aussi de la complexité. La loi Egalim aurait fait grimper les coûts des cantines municipales de 10 à 20 %. En Europe, de plus en plus d’appels d’offres n’attirent qu’un seul candidat, limitant la concurrence.

Dans le numérique, la situation est encore plus critique. Seulement 1 % des start-up françaises accèdent aux marchés publics. Et les échecs informatiques s’accumulent.

Après Sirhen et Louvois, le logiciel XPN développé par Capgemini pour la police est devenu le symbole d’un fiasco à 257 millions d’euros. Bugs à répétition, ergonomie défaillante, limitations techniques : l’outil est jugé inutilisable par la Cour des comptes.

Entre marges opaques, gouvernance dispersée et dérapages budgétaires, la question n’est plus théorique.

📍 Des milliards d’euros sont en jeu.

Et la réforme de la commande publique apparaît désormais comme un enjeu majeur pour les finances publiques françaises.

Yann GOURIOU

Auteur indépendant installé en Bretagne, je réalise des enquêtes et des reportages de terrain pour mon blog. J’écris avec une approche humaine, sensible et engagée, en donnant la parole à celles et ceux dont on n’entend rarement la voix.

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