Pourquoi la France n’a-t-elle pas intérêt à faire baisser la dette publique ?
Réduire les dépenses publiques semble évident sur le papier. En réalité, des millions d’emplois et une large part de l’économie dépendent directement de l’argent de l’État. Un choc budgétaire pourrait tout bouleverser.
La scène se répète chaque automne.
Au moment de présenter le budget, le gouvernement promet de contenir les dépenses publiques, de réduire le déficit et de stabiliser la dette.
Sur le principe, l’objectif semble consensuel.
Dans les faits, il se heurte à une réalité beaucoup plus complexe.
La France fait partie des pays européens où la dépense publique représente une part particulièrement élevée du produit intérieur brut. Cette situation alimente régulièrement le débat politique. Faut-il réduire la voilure ? Où couper ? À quel rythme ?
Mais derrière ces questions budgétaires se cache un fait massif : une large partie de l’activité économique dépend directement ou indirectement de l’argent public.
Un poids déterminant dans l’emploi
Plus de six millions de personnes travaillent pour l’État, les collectivités territoriales ou les hôpitaux publics. Enseignants, soignants, forces de l’ordre, agents administratifs ou techniques.
Ces emplois ne constituent pas seulement une charge budgétaire. Ils représentent des revenus distribués dans l’économie, des ménages qui consomment, investissent et soutiennent l’activité locale.
Réduire fortement la dépense publique impliquerait, mécaniquement, de toucher à ces effectifs ou à leurs rémunérations. Un choix politiquement sensible et économiquement risqué.
Des entreprises stratégiques liées à l’État
Au-delà des administrations, plusieurs grands groupes évoluent sous contrôle public ou avec une forte implication de l’État. Les transports ferroviaires, l’énergie, les services postaux structurent des pans entiers du territoire.
Ces entreprises emploient des centaines de milliers de salariés et génèrent des investissements importants. Une baisse significative des financements ou des commandes publiques aurait des répercussions immédiates sur l’emploi et sur l’activité industrielle.

La commande publique, moteur discret de l’économie
Chaque année, les marchés publics représentent environ 250 milliards d’euros. Infrastructures, équipements scolaires, hôpitaux, travaux publics.
Pour de nombreuses entreprises du BTP, de l’ingénierie ou des services, ces contrats constituent une part essentielle du chiffre d’affaires.
Une réduction brutale de ces investissements pourrait entraîner un ralentissement économique marqué, voire une contraction de certains secteurs.
Subventions et tissu social
Associations, monde culturel, agriculture, presse ou sport bénéficient de soutiens financiers publics. Ces aides structurent un tissu social dense, particulièrement dans les territoires.
Les supprimer ou les réduire fortement ne serait pas neutre. Au-delà des économies réalisées, l’impact se ferait sentir sur l’offre culturelle, la vie associative et l’équilibre économique local.
Un dilemme macroéconomique
Sur le plan macroéconomique, la France fait face à des déficits persistants et à une dette élevée. Les appels à la rigueur budgétaire se multiplient.
Mais une contraction trop rapide de la dépense publique pourrait provoquer un choc négatif : baisse de l’emploi, recul de la consommation, tensions sociales accrues.
À l’inverse, maintenir un niveau élevé de dépenses prolonge la trajectoire d’endettement.
Une équation politique délicate
La réduction de la dépense publique n’est donc pas uniquement une question de volonté politique. Elle touche à l’architecture même du modèle économique français, fondé sur un État fortement interventionniste et redistributeur.
Chaque réforme devient un exercice d’équilibriste. Trouver des économies sans déstabiliser l’emploi ni fragiliser l’activité relève d’un arbitrage permanent.
Dans ce contexte, réduire la dépense publique apparaît moins comme une décision technique que comme un choix stratégique majeur. Un choix qui engage à la fois l’économie, le social et le politique.

il faut déjà réduire les dépenses de l’état ( réduire le nombres de parlementaires par 2 ) remboursement des frais avec justificatifs réduire le train de vie du sénat (buvette restaurant etc… le budget de la première dame n’est pas justifié !