SOCIETE

Travailler de 7H à minuit pour 0 € : Le témoignage explosif d’un restaurateur

Sur le plateau de Face à Baba, un chef d’entreprise explose. Chiffres à l’appui, il raconte son million d’euros de chiffre d’affaires… et son compte en banque à zéro.

Le silence s’est fait sur le plateau de Face à Baba.

Face aux caméras, Stéphane Turillon, restaurateur, ne cherche ni l’effet ni le buzz. Il déroule ses chiffres. Froids. Implacables.

Un million d’euros de chiffre d’affaires.

Sur le papier, cela semble confortable. Mais dans le détail, il explique consacrer 75 % à la marge brute et 42 % à la masse salariale. Il évoque 400 000 euros de masse salariale brute annuelle. Il précise payer environ 170 000 euros de TVA par an.

À la fin, dit-il, il ne reste rien.

Depuis six mois, il affirme ne pas s’être versé de salaire.

Son témoignage, adressé directement à Olivier Véran, alors membre du gouvernement, tranche avec les discours technocratiques. Il parle fatigue. Il parle solitude. Il parle d’horaires qui commencent à 7 heures du matin et s’achèvent parfois à minuit.

Il confie ne plus voir ses enfants pendant des semaines entières.

Le ton monte.

Il rappelle que les citoyens sont, selon lui, les « employeurs de l’État ». Que les responsables politiques travaillent pour le peuple. La formule claque.

La séquence, diffusée dans l’émission animée par Cyril Hanouna, dépasse rapidement le simple échange. Elle cristallise une colère plus large : celle de nombreux entrepreneurs qui estiment porter un poids fiscal trop lourd.

Le restaurateur ne nie pas les aides reçues pendant la crise sanitaire. Mais il affirme qu’elles n’ont pas compensé les pertes réelles subies pendant les fermetures liées au Covid.

Puis vient la proposition choc.

Pour comprendre la réalité des Français, suggère-t-il, les ministres et les députés devraient travailler au SMIC. Sans un euro de plus.

La salle réagit. Les réseaux sociaux s’enflamment.

Au-delà du clash, la question reste posée : comment un établissement affichant un chiffre d’affaires élevé peut-il ne générer aucun revenu pour son dirigeant ?

Le débat sur la pression fiscale, les charges sociales et la rentabilité des PME françaises revient brutalement au centre de la scène.

Ce soir-là, il ne s’agissait pas seulement d’un face-à-face télévisé.

C’était le récit d’un entrepreneur qui dit se sentir étranglé malgré un travail acharné.

Et qui demande des comptes.

Yann GOURIOU

Auteur indépendant installé en Bretagne, je réalise des enquêtes et des reportages de terrain pour mon blog. J’écris avec une approche humaine, sensible et engagée, en donnant la parole à celles et ceux dont on n’entend rarement la voix.

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