« Nous avons peur pour notre sécurité » : la future grande mosquée de Rennes inquiète déjà certains riverains
Alors que la future grande mosquée Al Amal doit voir le jour au nord de Rennes, plusieurs habitants des quartiers voisins s’interrogent sur les conséquences du projet. Sécurité, circulation, stationnement, tranquillité : les inquiétudes se multiplient avant même le début des travaux.
👉 Dans la zone d’activités Nord-Coteaux de l’Ille, au nord de Rennes, les anciens bâtiments industriels semblent encore figés dans le temps. Pourtant, derrière les murs vieillissants de cette friche située avenue du Gros-Malhon, un projet majeur se prépare. C’est ici que devrait voir le jour la future grande mosquée Al Amal, accompagnée d’un vaste centre culturel destiné à accueillir de nombreuses activités associatives.
Pour les responsables du projet, cette future construction représente l’aboutissement de plusieurs années de recherche de terrain et de démarches administratives. Pour une partie des habitants des quartiers voisins, elle soulève cependant de nombreuses interrogations.
Car si le chantier n’a pas encore commencé, les discussions ont déjà débuté dans les rues, sur les réseaux sociaux et lors des réunions de quartier.
🔴 Les inquiétudes concernent avant tout l’impact du projet sur la vie quotidienne.
« Nous ne sommes pas contre une mosquée », explique un habitant du secteur qui préfère rester anonyme. « Mais nous avons peur que le quartier ne soit plus aussi calme qu’aujourd’hui. »
La question du trafic routier revient régulièrement dans les conversations. Les riverains craignent que les grands rassemblements religieux attirent plusieurs centaines de personnes simultanément, notamment lors des grandes fêtes musulmanes ou de la prière du vendredi.
L’avenue du Gros-Malhon est déjà fortement fréquentée aux heures de pointe par les salariés des entreprises environnantes. Certains habitants redoutent que les difficultés de circulation et de stationnement ne s’accentuent dans les années à venir.
D’autres évoquent également le risque d’un stationnement anarchique dans les rues voisines.
« Aujourd’hui, on trouve encore facilement une place. Demain, personne ne sait ce que cela donnera », s’interroge une résidente installée depuis plus de quinze ans dans le secteur.
Mais au-delà des questions de circulation, c’est souvent le sujet de la tranquillité publique qui revient dans les discussions.
Certains habitants s’interrogent sur les nuisances sonores potentielles liées aux activités du futur centre culturel, aux événements associatifs ou à la fréquentation quotidienne du site.
Le projet prévoit en effet plusieurs espaces polyvalents, des salles de cours, une bibliothèque, une cuisine collective ainsi que des salles destinées à accueillir diverses manifestations.
Des équipements qui suscitent autant d’intérêt que de questionnements.
« Nous voulons simplement être certains que notre qualité de vie sera préservée », résume un riverain.
🔴 La question de la sécurité est également évoquée par une partie des habitants.
Depuis les attentats qui ont marqué la France ces dernières années, certains craignent que l’implantation d’un grand lieu de culte puisse attirer des actes de vandalisme, des tensions ou nécessiter un renforcement des dispositifs de surveillance.
Ces inquiétudes sont régulièrement exprimées lors des débats publics autour de nouveaux lieux de culte, quelle que soit la religion concernée.
Du côté des porteurs du projet, on se veut rassurant.
L’association Espoir Amal affirme travailler en étroite collaboration avec Rennes Métropole afin d’intégrer au mieux le futur complexe dans son environnement urbain.
Les responsables rappellent que le projet ne se limite pas à une mosquée. Ils mettent en avant la dimension culturelle, éducative et sociale du futur équipement.
Selon eux, le centre culturel doit justement favoriser les échanges avec l’ensemble des habitants du quartier et contribuer au dialogue entre les différentes communautés.
Les défenseurs du projet soulignent également qu’une mosquée moderne permet souvent de mieux encadrer les pratiques religieuses en offrant des locaux adaptés, sécurisés et conformes aux réglementations en vigueur.
Pour eux, la création d’un lieu structuré est préférable à la multiplication de petits locaux parfois inadaptés.
La municipalité de Rennes, de son côté, poursuit les études techniques et administratives nécessaires avant le dépôt du permis de construire attendu dans les prochains mois.
👉 Aucune date officielle de début des travaux n’a encore été annoncée.
Une chose est cependant certaine : la transformation de cette friche industrielle marquera durablement le paysage du nord de Rennes.
Reste désormais à savoir si les futures concertations permettront d’apaiser les inquiétudes des riverains tout en répondant aux attentes des fidèles qui espèrent voir enfin aboutir un projet attendu depuis plusieurs années.
Car derrière les débats sur l’urbanisme, la circulation ou la sécurité, c’est aussi la question du vivre-ensemble qui se joue autour de cette future grande mosquée rennaise.
- SOURCE : Le Télégramme
J’habite justement dans le nord de Rennes, à proximité de Saint-Grégoire, et je dois avouer que ce projet m’inquiète beaucoup.
Aujourd’hui, notre quartier est relativement calme. La vie y est paisible, les rues sont tranquilles et nous ne sommes pas confrontés aux problèmes que l’on peut rencontrer dans d’autres secteurs de la ville.
C’est précisément pour cette raison que je crains une dégradation progressive de notre qualité de vie avec l’arrivée d’un équipement aussi important. Je pense notamment aux questions de circulation, de stationnement, de bruit et d’affluence.
Certains considéreront peut-être ces inquiétudes comme excessives, mais elles sont réelles pour de nombreux habitants. Lorsque l’on connaît Rennes, on constate que certains quartiers ont profondément changé au fil des années. Le secteur du métro Italie, par exemple, présente aujourd’hui une ambiance très différente de celle que nous connaissons actuellement dans le nord de la ville.
Personnellement, je suis attaché à l’identité et à la tranquillité de mon quartier. Je ne souhaite pas voir apparaître un climat d’insécurité, des tensions ou des nuisances qui viendraient altérer le cadre de vie dont nous bénéficions aujourd’hui.
Je respecte naturellement la liberté de culte de chacun, mais je pense également qu’il est légitime que les riverains puissent exprimer leurs interrogations et leurs préoccupations lorsqu’un projet de cette ampleur est envisagé à proximité immédiate de leur lieu de vie.
Oui, je suis inquiet. Oui, j’ai peur que ce projet transforme profondément mon quartier. Et je pense que ces craintes méritent d’être entendues et prises en considération, sans être caricaturées ni disqualifiées.