Cette compétence existe depuis plus de 5 000 ans : la génération Z est-elle en train de la perdre ?
Smartphones, tablettes et ordinateurs ont bouleversé nos habitudes. La génération Z écrit-elle de moins en moins à la main ? Les études scientifiques révèlent une réalité bien plus intéressante que les titres alarmistes.
Qui sont les jeunes de la génération Z ?
La génération Z, généralement définie comme celle des personnes nées entre la fin des années 1990 et le début des années 2010, est la première à avoir grandi dans un univers profondément numérique. Pour elle, Internet, les smartphones, les réseaux sociaux et les plateformes de vidéo ne sont pas arrivés en cours de route : ils ont toujours fait partie du décor.
YouTube, Instagram, TikTok, les messageries instantanées ou encore les communautés en ligne ont façonné une partie de leurs habitudes, de leur manière de communiquer, de s’informer et de se divertir. Cette génération évolue dans un monde où les échanges sont immédiats, où les frontières culturelles sont plus poreuses et où une tendance peut faire le tour de la planète en quelques heures.
Mais cette immersion permanente dans le numérique s’est aussi accompagnée d’un contexte particulièrement mouvementé : crise climatique, pandémie de Covid-19, inflation, tensions géopolitiques et conflits suivis presque en temps réel sur les écrans.
Très à l’aise avec les outils numériques, certains jeunes de cette génération créent des contenus, montent des projets ou développent une activité en ligne très tôt. En parallèle, les spécialistes s’intéressent aussi aux effets d’une exposition constante aux écrans, aux réseaux sociaux, aux notifications et à la comparaison permanente avec les autres.
C’est dans ce contexte que se pose aujourd’hui une question étonnante : à force de privilégier les écrans et les claviers, la génération Z est-elle en train de perdre l’habitude d’écrire à la main ?

La génération Z est-elle vraiment en train de perdre l’écriture à la main ?
Smartphones, ordinateurs, tablettes, intelligence artificielle… À force de taper sur des écrans, sommes-nous en train de perdre l’une des plus anciennes compétences de l’humanité ? Depuis plusieurs mois, une affirmation spectaculaire circule sur Internet : une partie importante de la génération Z ne saurait presque plus écrire correctement à la main. Derrière les titres alarmistes, la réalité est plus nuancée. Mais les scientifiques constatent bien que l’écriture manuscrite possède des particularités que le clavier ne remplace pas totalement.
Pendant des millénaires, prendre un stylo — ou son ancêtre — pour tracer des signes a constitué l’un des principaux moyens de transmettre une information.
Aujourd’hui, quelques secondes suffisent pour écrire un message sur WhatsApp, saisir une note sur son smartphone ou rédiger plusieurs pages sur un ordinateur.
Cette révolution numérique a profondément bouleversé nos habitudes.
Au point qu’une question commence sérieusement à se poser :
👉 Sommes-nous progressivement en train de désapprendre à écrire à la main ?
Une compétence dont les origines remontent à plus de 5 000 ans
Le chiffre de 5 500 ans régulièrement repris dans les articles consacrés au sujet n’est pas totalement fantaisiste.
Les premières formes connues d’écriture sont apparues en Mésopotamie il y a environ 5 300 ans.
Le Metropolitan Museum of Art situe ainsi les premières tablettes comportant une forme primitive d’écriture autour de 3300 avant notre ère. Il s’agissait notamment de pictogrammes et de signes numériques tracés dans l’argile afin d’enregistrer des informations économiques.
Depuis, les supports ont changé : argile, papyrus, parchemin, papier…
Mais le principe est longtemps resté le même : utiliser la main pour produire des signes permettant de transmettre une information.
🔴 Et c’est précisément ce geste qui pourrait aujourd’hui perdre du terrain face aux écrans.
La génération Z ne sait-elle vraiment plus écrire ?
⚠️ C’est ici qu’il faut être prudent.
Plusieurs publications sur Internet affirment qu’environ 40 % de la génération Z aurait des difficultés à écrire à la main.
🎪 Le chiffre est spectaculaire.
📍 Le problème est qu’il est extrêmement difficile de retrouver derrière cette affirmation une grande étude scientifique ou une enquête statistique officielle permettant d’affirmer que 40 % d’une génération entière ne maîtrise plus l’écriture manuscrite.
👉 Un média anglophone ayant lui-même enquêté sur cette affirmation explique d’ailleurs ne pas avoir retrouvé d’étude scientifique ou officielle permettant de confirmer ce chiffre de 40 %.
❌ Il serait donc trompeur d’en conclure que quatre jeunes sur dix seraient désormais incapables d’utiliser un stylo.
En revanche, plusieurs travaux scientifiques montrent autre chose : l’écriture manuscrite occupe désormais une place différente dans les habitudes des jeunes générations et elle ne sollicite pas le cerveau exactement de la même manière que la frappe au clavier.
Le clavier est devenu incontournable
Pour beaucoup d’étudiants, prendre des notes sur un ordinateur est aujourd’hui parfaitement naturel.
Et cela présente un avantage évident : on peut écrire beaucoup plus vite.
Une importante méta-analyse publiée en 2024 dans Educational Psychology Review a analysé 24 études issues de 21 publications scientifiques comparant la prise de notes manuscrite et la prise de notes au clavier chez des étudiants.
Le résultat est intéressant.
💻 Les personnes utilisant un clavier parvenaient à enregistrer davantage d’informations pendant la prise de notes.
✏️ Mais celles qui écrivaient leurs notes à la main obtenaient, en moyenne, de meilleurs résultats sur certains critères d’apprentissage et de mémorisation.
Autrement dit :
🔄 Taper permet d’écrire plus vite, tandis qu’écrire à la main pourrait parfois aider à mieux apprendre.
Écrire à la main ne fait pas travailler le cerveau exactement de la même façon
C’est probablement la partie la plus fascinante de cette histoire.
En 2024, des chercheurs de la Norwegian University of Science and Technology (NTNU) ont observé l’activité cérébrale de 36 étudiants universitaires.
Les participants devaient écrire des mots soit à la main avec un stylet numérique, soit en utilisant un clavier.
Leur activité cérébrale était enregistrée à l’aide d’un système comprenant 256 capteurs EEG.
Les chercheurs ont constaté que l’écriture manuscrite était associée à des schémas de connectivité cérébrale beaucoup plus étendus que la frappe au clavier, notamment dans certaines régions centrales et pariétales du cerveau.
🧠 Cela ne signifie évidemment pas que taper sur un clavier « rend moins intelligent ».
Mais les deux activités ne mobilisent tout simplement pas les mêmes mécanismes.
👉 Lorsque nous écrivons à la main, nous devons notamment contrôler précisément le mouvement des doigts et du poignet, gérer la pression, reproduire la forme des lettres et coordonner en permanence la vision et le mouvement.
👉 Sur un clavier, le geste est beaucoup plus répétitif : chaque lettre correspond essentiellement à l’appui sur une touche.

L’écriture manuscrite pourrait favoriser certains apprentissages
✍️ D’autres expériences vont dans le même sens.
Une étude menée sur des adultes et publiée dans Psychological Science a montré que l’apprentissage de nouvelles lettres par l’écriture manuscrite produisait une acquisition plus rapide et une meilleure généralisation vers certaines tâches qui n’avaient pas été directement entraînées.
🧑🔬 Les chercheurs avaient comparé trois méthodes d’apprentissage : écrire, taper et simplement observer.
Une autre étude portant sur l’apprentissage de mots étrangers a comparé :
- l’écriture au stylo sur papier,
- l’écriture au stylet sur une tablette,
- la frappe au clavier.
Les résultats électrophysiologiques suggéraient là encore un avantage possible de l’écriture manuscrite dans certaines situations d’apprentissage, même si les performances comportementales ne différaient pas systématiquement entre les méthodes.
🌤️ Et c’est une nuance essentielle.
📍 La science ne dit pas que le papier est toujours supérieur au numérique.
👁️ Elle montre plutôt que les deux méthodes sollicitent des mécanismes différents et que l’écriture manuscrite peut présenter des avantages particuliers pour certaines formes d’apprentissage.
Même apprendre une lettre pourrait être différent
🔬 Une expérience plus ancienne apporte un autre éclairage.
Des adultes avaient appris de nouveaux caractères soit en les écrivant à la main, soit en utilisant un clavier.
Quelques semaines plus tard, les participants ayant appris les caractères au clavier les confondaient davantage avec leurs images inversées que ceux qui les avaient tracés à la main.
🫸 Les chercheurs suggéraient que les mouvements effectués lors de l’écriture contribuaient à construire une représentation plus stable des caractères dans la mémoire.
🔴 Le geste d’écriture ne servirait donc pas seulement à déposer une information sur une feuille.
🟢 Il participerait également à la manière dont notre cerveau apprend et reconnaît les symboles.
Mais faut-il vraiment opposer stylo et ordinateur ?
Probablement pas.
✅ Le numérique possède des avantages considérables.
🧑🎓 Un étudiant peut conserver des milliers de documents, rechercher instantanément un mot dans ses notes, les sauvegarder, les partager et les modifier en quelques secondes.
😳 Pour une personne souffrant de certains troubles moteurs ou d’apprentissage, le clavier peut également constituer un outil extrêmement précieux.
💻 Et dans la vie professionnelle, renoncer aux outils numériques serait évidemment irréaliste.
📓 La question n’est donc pas de savoir s’il faut revenir à l’époque où chaque document était écrit à la plume.
✍️ Il s’agit plutôt de se demander si abandonner complètement l’écriture manuscrite serait une bonne idée.
👎 Les recherches disponibles suggèrent que non.
Une compétence qui pourrait devenir moins automatique
Comme n’importe quel geste, écrire à la main demande de l’entraînement.
Une personne qui écrit rarement plusieurs pages au stylo peut naturellement ressentir davantage de fatigue lorsqu’elle recommence. 🥱
✍️ Son écriture peut devenir moins fluide, plus lente ou moins lisible.
Cela ne signifie pas nécessairement qu’elle a « oublié » comment écrire.
🫡 Elle utilise simplement beaucoup moins cette compétence.
La génération Z n’est donc probablement pas en train de devenir incapable d’écrire.
🌍 Elle vit surtout dans un monde où elle a beaucoup moins besoin de le faire.
🔄 Et cette distinction change tout.
Le paradoxe est assez fascinant
Nous n’avons probablement jamais autant écrit qu’aujourd’hui.
SMS, réseaux sociaux, messageries instantanées, commentaires, emails…
📈 Une quantité gigantesque de texte est produite chaque jour.
❌ Mais une proportion croissante de ces mots n’est plus tracée avec un stylo.
📲 Elle est tapée avec deux pouces sur un téléphone ou avec dix doigts sur un clavier.
👉 L’humanité n’est donc pas en train d’abandonner l’écriture.
🏗️ Elle est peut-être simplement en train de changer radicalement la manière dont elle écrit.
Alors, faut-il continuer à écrire à la main ?
👍 Au vu des recherches actuelles, conserver régulièrement cette habitude paraît loin d’être inutile.
✏️ Prendre quelques notes sur papier, écrire une liste de courses, tenir un carnet ou résumer une leçon à la main permet au minimum d’entretenir cette compétence.
✒️ Et dans certaines situations d’apprentissage, le stylo pourrait même conserver un véritable avantage.
#️⃣ Le clavier ne va évidemment pas disparaître.
📕 Le papier non plus, probablement.
☑️ La solution se trouve peut-être entre les deux : profiter de la puissance du numérique sans abandonner complètement un geste que l’être humain perfectionne depuis des milliers d’années.
✳️ Car derrière une simple feuille et un stylo se cache peut-être quelque chose que nos écrans ne reproduisent pas encore totalement.
Sources :
La méta-analyse de 2024 portant sur 24 études conclut à un avantage moyen de la prise de notes manuscrite pour les résultats d’apprentissage, alors que le clavier permet de prendre davantage de notes. Consulter l’étude dans Educational Psychology Review
L’étude EEG de la NTNU sur 36 étudiants montre une connectivité cérébrale plus étendue pendant l’écriture manuscrite que pendant la frappe au clavier. Consulter l’étude scientifique sur PubMed
Une étude de Psychological Science montre également des bénéfices de la pratique manuscrite dans l’apprentissage de nouvelles lettres. Consulter l’étude sur PubMed
Enfin, le Metropolitan Museum of Art situe les premières formes d’écriture en Mésopotamie autour de 3300 av. J.-C., ce qui justifie l’ordre de grandeur des « 5 500 ans » souvent évoqué.
Ce qu’il faut , c’est apprendre à l’école dès CP et en stylo plume pour bien tenir droit et ça doit faire plaisir certains enfants même s’ils font des bêtises ou même en crayon at evec ce système, on peut imaginer à créer beaucoup de choses. C’est de mon avis