Cette histoire du livreur condamné à 10 ans de prison était-elle vraie ?
Depuis plusieurs jours, une histoire virale indigne les réseaux sociaux : Un livreur aurait été lourdement condamné après avoir voulu aider une femme agressée. Mais que s’est-il vraiment passé ?
L’histoire a provoqué une vague d’indignation massive. Sur les réseaux sociaux, des milliers d’internautes ont partagé le même récit, souvent accompagné de vidéos et de commentaires outrés. Un livreur aurait interrompu l’agression d’une passante, avant d’être licencié puis condamné à dix ans de prison. Une injustice totale, présentée comme la preuve d’un système absurde et inhumain.
Le problème, c’est que cette histoire n’existe pas
Aucune trace judiciaire, aucun jugement, aucun communiqué officiel. Aucun article de presse sérieux ne confirme l’existence d’un tel procès. En recoupant les éléments, les incohérences sautent aux yeux. Les dates ne correspondent pas. Les lieux changent selon les versions. Les protagonistes ne sont jamais clairement identifiés. Et surtout, aucune décision de justice ne vient appuyer ces affirmations.
Le récit s’est pourtant propagé à grande vitesse. Son efficacité repose sur une mécanique bien connue : Un héros ordinaire, une injustice flagrante, un coupable implicite, et une émotion immédiate. Le tout présenté comme un fait avéré, sans vérification.
Le nom de Amazon a également été utilisé pour renforcer l’indignation, en laissant entendre qu’un employé aurait été sanctionné pour un acte de courage. Là encore, aucun élément concret ne permet d’étayer cette affirmation.
Ce type de fausse information prospère sur la colère et le sentiment d’injustice. Elle détourne l’attention de faits réels, tout en alimentant une défiance généralisée envers la justice, les institutions et les entreprises.
Dans cette affaire, la réalité est simple : Aucun livreur n’a été condamné à dix ans de prison pour avoir aidé une passante à Roubaix.
Le scandale est viral, mais il est imaginaire.
