Accusés de viols et meurtres : Libérés sans jugement
Face à un système judiciaire submergé, des criminels pourraient être libérés en 2026 sans avoir été jugés — Une alarme lancée par les magistrats elle-même.
La justice française est confrontée à une crise sans précédent qui menace l’équilibre même de l’ordre public. En 2026, des criminels accusés de viols, d’assassinats et d’autres faits d’une extrême gravité pourraient être remis en liberté simplement parce que le système judiciaire n’aura pas pu les juger dans les temps légaux.
La cour d’appel d’Aix-en-Provence, l’une des juridictions les plus débordées, a livré un constat alarmant lors de sa rentrée solennelle. D’après le procureur général, au moins dix-neuf personnes mises en examen pour des crimes graves devront être relâchées en 2026 faute d’audience programmée avant l’expiration de leur détention provisoire. Ce délai maximal est imposé par la loi française pour respecter la présomption d’innocence : Lorsque le procès ne survient pas à temps, la liberté doit être rétablie automatiquement.
Les causes de cette débâcle sont multiples. D’un côté, l’augmentation spectaculaire du nombre de dossiers criminels, dopée par la montée de la criminalité organisée, a fait exploser les stocks de procédures en attente. Dans certaines juridictions, les délais d’audiencement dépassent désormais les 75 mois, soit plus de six ans pour qu’un dossier de viol soit enfin jugé. De l’autre, le manque cruel de moyens humains et matériels — magistrats, greffiers et salles d’audience — paralyse le fonctionnement des tribunaux.
Syndicats de magistrats et responsables judiciaires tirent la sonnette d’alarme. Selon eux, le système est littéralement « à bout de souffle », incapable de traiter tous les dossiers dans des délais compatibles avec les règles de procédure. Ce constat est partagé au-delà d’Aix-en-Provence, avec des juridictions comme Paris ou Marseille confrontées à des embouteillages similaires, où la justice est submergée par une avalanche de cas.
La remise en liberté de détenus qui n’ont pas encore été jugés ne signifie pas que les poursuites s’arrêtent. Ces personnes seront toujours poursuivies, mais sous contrôle judiciaire strict. Toutefois, pour les victimes et leurs proches, cette perspective est vécue comme une injustice, voire une menace, face à des auteurs présumés qui pourraient retourner dans la société sans avoir été entendus par un tribunal.
Face à ce phénomène, les magistrats appellent à une réforme structurelle de la justice criminelle. Parmi les pistes évoquées figure l’élargissement des procédures permettant d’accélérer certains dossiers lorsque les faits sont reconnus, afin de soulager les assises traditionnelles et de concentrer les moyens sur les affaires les plus complexes. Sans une action rapide, la France risque de voir se multiplier les libérations anticipées simplement parce que trop de procès ne pourront être tenus à temps.
