SOCIETE

En arrêt maladie, elle danse sur TikTok… et se fait licencier !

Quelques pas de danse, un smartphone, et des vidéos devenues virales : Ce qui semblait être un simple moment de détente va déclencher une tempête juridique et coûter son emploi à une salariée en arrêt maladie.

Elle pensait partager un moment léger, presque anodin. Quelques vidéos de danse, filmées chez elle, publiées sur les réseaux sociaux pour tromper l’ennui. Mais ces images, vues par des milliers d’internautes, vont brutalement faire basculer sa vie professionnelle.

En arrêt maladie, la salariée affirme souffrir d’un état de santé incompatible avec son travail. Officiellement, elle est censée se reposer, suivre les prescriptions médicales, éviter toute activité susceptible de retarder sa guérison. Pourtant, sur son téléphone, elle danse. Sourire aux lèvres. Énergie intacte. Des chorégraphies qui donnent l’impression d’une pleine forme assumée.

Très vite, les vidéos circulent. Elles arrivent jusqu’aux yeux de son employeur. Et le choc est immédiat. Comment expliquer qu’une personne déclarée inapte à travailler puisse, dans le même temps, se montrer si active publiquement ? Le doute s’installe. La confiance se fissure. L’entreprise ouvre alors un dossier disciplinaire.

Pour l’employeur, ces images constituent une preuve troublante. Elles laissent supposer une incompatibilité entre l’arrêt maladie déclaré et le comportement réel de la salariée. La question n’est plus seulement médicale. Elle devient juridique. Le salarié est-il tenu à une obligation de loyauté pendant un arrêt de travail ? Les réseaux sociaux peuvent-ils servir d’élément à charge ?

La réponse n’est pas aussi simple qu’elle en a l’air. Être en arrêt maladie n’interdit pas toute activité. Ce qui est sanctionné, ce n’est pas la danse en elle-même, mais ce qu’elle révèle. Si l’activité pratiquée est incompatible avec l’état de santé invoqué ou si elle porte atteinte à l’entreprise, alors la sanction peut être jugée légitime.

Dans ce dossier, l’employeur tranche. Le licenciement est prononcé. Pour la salariée, c’est l’incompréhension. Elle estime n’avoir enfreint aucune règle, ni exercé une activité professionnelle concurrente, ni enfreint les horaires de sortie autorisés. Elle invoque sa vie privée et sa liberté d’expression.

Mais le droit du travail évolue avec les usages numériques. Ce qui était autrefois invisible devient public. Une vidéo postée volontairement n’appartient plus au strict cadre privé. Lorsqu’elle est accessible à tous, elle peut être retenue comme élément factuel dans un litige professionnel.

Cette affaire illustre un piège moderne. À l’ère des réseaux sociaux, chaque publication peut être interprétée, détournée, utilisée. Un moment de détente peut se transformer en preuve à charge. Un geste anodin peut avoir des conséquences lourdes et irréversibles.

Pour les salariés, le message est clair. L’arrêt maladie protège, mais n’immunise pas. Il impose une cohérence entre l’état de santé déclaré et le comportement visible. Pour les employeurs, la prudence reste de mise. Chaque situation doit être analysée au cas par cas, sans automatisme, sous peine de contentieux.

Entre vie privée, liberté individuelle et obligation de loyauté, la frontière est devenue plus floue que jamais. Et parfois, quelques pas de danse suffisent à la faire exploser.

Yann GOURIOU

Auteur indépendant installé en Bretagne, je réalise des enquêtes et des reportages de terrain pour mon blog. J’écris avec une approche humaine, sensible et engagée, en donnant la parole à celles et ceux dont on n’entend rarement la voix.

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