POLITIQUE

Émeutes 2023 : La « taxe Nahel » existe-t-elle vraiment ?

Présentée comme une nouvelle charge imposée aux Français après les émeutes de 2023, la « taxe Nahel » fait polémique. Mais derrière ce terme choc, que disent réellement les textes, les élus qui en parlent et le parti qui revendique son annulation ?

Depuis plusieurs mois, un terme s’est imposé dans le débat politique français : la « taxe Nahel ». Présentée comme un impôt qui aurait fait payer aux Français les conséquences des émeutes de l’été 2023, cette expression est régulièrement reprise par plusieurs élus du Rassemblement National.

Marine Le Pen, Jordan Bardella et Sébastien Chenu ont tous évoqué cette « taxe » dans leurs prises de parole publiques, dénonçant ce qu’ils décrivent comme une volonté du pouvoir de faire supporter aux contribuables le coût des violences urbaines. Le Rassemblement National affirme avoir obtenu son annulation grâce à l’action de ses députés.

Mais sur le plan juridique et budgétaire, une précision s’impose : Aucune taxe portant ce nom n’a jamais existé.

Aucun projet de loi, aucun amendement budgétaire, aucun texte fiscal n’a instauré un impôt spécifique destiné à financer les dégâts liés aux émeutes de 2023.

Le terme « taxe Nahel » n’apparaît dans aucun document officiel de l’État.

En réalité, les réparations liées aux violences urbaines reposent sur des mécanismes déjà en place. Les assurances indemnisent en priorité les victimes. L’État peut ensuite intervenir via des fonds exceptionnels ou des lignes budgétaires existantes, intégrées au budget général, sans création automatique d’un nouvel impôt ciblé.

L’expression « taxe Nahel » relève donc d’un choix politique et sémantique. Elle vise à désigner, de manière volontairement provocatrice, l’utilisation de fonds publics pour couvrir des dégâts causés par des violences, dans un contexte émotionnel fort lié à la mort de Nahel et aux émeutes qui ont suivi.

Le Rassemblement National revendique aujourd’hui d’avoir empêché toute création d’un impôt supplémentaire, même si, factuellement, aucun texte de ce type n’était engagé. Le débat réel porte moins sur une taxe inexistante que sur la question de la responsabilité, de la sanction des auteurs de violences et du coût global de l’insécurité pour la collectivité.

Cette polémique illustre une mécanique désormais classique du débat public : Un mot fort, une indignation légitime, et une réalité juridique plus nuancée que le slogan ne le laisse entendre.

Yann GOURIOU

Auteur indépendant installé en Bretagne, je réalise des enquêtes et des reportages de terrain pour mon blog. J’écris avec une approche humaine, sensible et engagée, en donnant la parole à celles et ceux dont on n’entend rarement la voix.

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