Les grandes surfaces françaises disent « non » aux produits du Mercosur
Plusieurs géants de la distribution alimentaire en France prennent position contre l’arrivée massive de produits agricoles sud-américains issus de l’accord UE-Mercosur, en réponse à la pression des agriculteurs et à la concurrence jugée déloyale sur le marché intérieur.
Alors que les discussions autour de l’accord de libre-échange entre l’Union européenne et le Mercosur continuent de susciter de vives réactions politiques et sociales, plusieurs grandes surfaces françaises ont déjà choisi de se positionner clairement en refusant certains produits importés associés à ce traité.
Intermarché et Netto, au sein du groupement Les Mousquetaires, ont ainsi affirmé qu’ils n’achèteraient pas de volaille issue des pays sud-américains, jugeant que ces importations ne respectent pas les mêmes exigences que celles de la production française. Le président du groupement a déclaré sur une chaîne télévisée qu’il ne mettrait pas ces produits dans les rayons, même pour des plats préparés comme la paella.
De son côté, Carrefour a indiqué qu’il privilégie « quasiment exclusivement » l’approvisionnement en produits français, avec une majorité de viande provenant de filières nationales, ce qui rend inutile selon lui toute modification de ses sources d’approvisionnement.
Le directeur de Coopérative U a également marqué son accord avec les revendications des agriculteurs, refusant de commercialiser des produits dont les conditions de production seraient inférieures aux standards français.
Ce positionnement des distributeurs s’inscrit dans un contexte de forte mobilisation des agriculteurs français, qui dénoncent une concurrence jugée déloyale de la part des pays du Mercosur, craignant une arrivée massive de produits agricoles moins chers et produits dans des conditions différentes. Ces tensions ont donné lieu à des protestations, des blocages de routes et une pression politique accrue pour protéger les filières locales.
Les distributeurs affirment que leur choix de refuser les produits importés ne vise pas seulement à soutenir les agriculteurs, mais aussi à répondre aux attentes des consommateurs en matière d’origine et de qualité des aliments dans les rayons des supermarchés.
