FINANCE

Retraite : Je touche 1750 € par mois, combien d’impôts vais-je payer en 2026 ?

Calcul, seuils, abattements fiscaux et prélèvements sociaux : Tout ce qu’un retraité doit savoir pour anticiper l’impôt qu’il paiera en 2026 sur une retraite mensuelle de 1 750 €.

Lundi 2 février 2026, le silence est retombé dans l’hémicycle. Après des semaines de débats tendus, de rumeurs de censure et d’inquiétudes chez les Français, le budget de l’État pour 2026 a été définitivement adopté. Le Premier ministre a engagé la responsabilité de son gouvernement en activant l’article 49.3 de la Constitution. Deux motions de censure ont bien été déposées dans la foulée, mais aucune n’a réussi à faire tomber l’exécutif.

Pour beaucoup de ménages, cette validation marque la fin d’une période d’incertitude. Et pour les retraités en particulier, elle apporte un soulagement discret mais réel. Depuis plusieurs mois, la crainte d’une hausse d’impôts ou d’une remise en cause de certains avantages fiscaux planait au-dessus des pensions.

👉 Le verdict est désormais connu.

La principale annonce du budget 2026 est claire : il n’y aura pas de hausse générale des impôts pour les particuliers. Le barème de l’impôt sur le revenu sera désormais automatiquement indexé sur l’inflation. Une mesure technique, mais essentielle, qui évite à des millions de contribuables de basculer dans une tranche supérieure uniquement parce que leurs revenus ont été revalorisés pour suivre le coût de la vie.

Cette indexation change beaucoup de choses dans le quotidien. Sans elle, une pension légèrement augmentée aurait pu mécaniquement entraîner une imposition plus lourde, sans réel gain de pouvoir d’achat. En 2026, cet effet pervers est neutralisé.

En revanche, le gouvernement a choisi de faire porter l’effort ailleurs. Certaines taxes visant les entreprises et les importations ont été confirmées ou créées. Un arbitrage assumé, destiné à préserver le budget tout en évitant de frapper directement les ménages.

Chez les retraités, la tension était palpable ces derniers mois. L’idée de supprimer l’abattement fiscal de 10 % sur les pensions avait suscité une vive inquiétude. Ce mécanisme, en place depuis des années, permet de réduire la base imposable des retraités et d’alléger significativement leur impôt.

Finalement, cet abattement est maintenu. Le projet de le remplacer par un forfait unique, jugé pénalisant pour de nombreux pensionnés, a été abandonné. Autre bonne nouvelle : le gel des pensions, un temps envisagé dans le budget de la Sécurité sociale, ne verra pas le jour.

👉 Les retraites continueront donc d’évoluer sans blocage exceptionnel en 2026.

Dans la réalité, pour les retraités imposables, rien ne change dans le mode de prélèvement. Chaque mois, la pension est versée après déduction des prélèvements sociaux et, le cas échéant, de l’impôt sur le revenu via le prélèvement à la source. Le montant reçu correspond déjà à une somme nette, ce qui rend parfois la pression fiscale moins visible… mais bien réelle.

Car sur une année complète, les montants prélevés peuvent peser lourd, surtout pour ceux dont les revenus dépassent les seuils les plus bas. Beaucoup regardent leur taux de prélèvement à la source sans toujours réaliser que ce sont les prélèvements sociaux qui amputent le plus la pension.

📍 Prenons un cas concret, très répandu. Celui d’un retraité vivant seul et percevant 1 750 euros de pension brute par mois. Sur l’année, cela représente 21 000 euros de revenus. Un montant qui correspond à peu près à la retraite moyenne en France.

À ce niveau, les prélèvements sociaux s’appliquent pleinement. En 2026, la CSG, revalorisée de 1,8 %, est fixée à 6,6 %. À cela s’ajoutent la CRDS à 0,5 % et la contribution additionnelle de solidarité pour l’autonomie à 0,3 %. Au total, le taux atteint 7,4 %.

Des mains ridées comptent plusieurs billets de banque, illustrant le budget et le pouvoir d’achat d’une personne âgée.
Impôts retraite 2026

Concrètement, cela signifie qu’en un an, ce retraité verra 1 554 euros prélevés directement sur sa pension au titre des charges sociales. Une somme importante, qui réduit d’autant le revenu réellement disponible.

Côté impôt sur le revenu, le scénario est différent. Une partie de la CSG est déductible, ce qui abaisse le revenu imposable à 19 446 euros par an. À cela s’ajoutent la déduction forfaitaire de 10 %, l’abattement spécifique réservé aux plus de 65 ans et le mécanisme de décote.

Au bout du calcul, le verdict tombe : l’impôt sur le revenu est nul. Aucun euro ne sera dû au fisc au titre de l’impôt sur le revenu en 2026 pour ce profil précis.

Mais l’absence d’impôt ne signifie pas absence de prélèvements. Ce retraité ne paiera pas d’impôt sur le revenu, mais il devra tout de même supporter plus de 1 500 euros de charges sociales sur l’année. Une réalité souvent mal comprise, mais qui pèse lourdement sur le pouvoir d’achat.

En 2026, pour de nombreux retraités, le vrai sujet n’est donc pas l’impôt… mais le poids constant des prélèvements sociaux, silencieux, automatiques, et pourtant bien réels.

Yann GOURIOU

Auteur indépendant installé en Bretagne, je réalise des enquêtes et des reportages de terrain pour mon blog. J’écris avec une approche humaine, sensible et engagée, en donnant la parole à celles et ceux dont on n’entend rarement la voix.

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