Municipales 2026 : Un parti en défense des musulmans à Vénissieux
À Vénissieux, une liste portée par l’Union des démocrates musulmans français se lance dans la course municipale, affirmant défendre les libertés et lutter contre l’islamophobie dans une ville historiquement ancrée à gauche.
L’Union des démocrates musulmans français, plus connue sous le sigle UDMF, prévoit de s’engager aux prochaines élections municipales dans un nombre très limité de communes. Le parti a confirmé son intention de présenter des listes uniquement dans deux villes en France, dont Vénissieux, au sein de la métropole de Lyon. L’annonce a été faite vendredi par le fondateur et vice-président du mouvement, Nagib Azergui.
Dans un message diffusé sur le réseau social X à l’occasion du lancement de sa campagne d’adhésion annuelle, l’UDMF affirme vouloir « défendre les libertés, protéger les droits et porter une voix politique libre, digne et déterminée ». Le choix de limiter le nombre de candidatures répond à une stratégie assumée : Concentrer les moyens humains et financiers afin de maximiser les chances d’atteindre le second tour, un seuil fixé à 10 % des suffrages exprimés.
À Vénissieux, commune historiquement ancrée à gauche et longtemps considérée comme un bastion communiste, la liste sera conduite par le président du parti, Farid Omeir. La ville, marquée par un taux de pauvreté élevé, mais aussi par des problématiques persistantes d’insécurité et de narcotrafic, s’annonce comme l’un des théâtres les plus disputés de cette campagne municipale.
La maire communiste sortante, Michèle Picard, brigue un nouveau mandat. Elle milite parallèlement pour une union de la gauche incluant les écologistes à l’échelle métropolitaine. Mais le paysage politique local est loin d’être unifié. Une liste soutenue par La France Insoumise est également en lice, menée par le député de la circonscription, Idir Boumertit, provoquant une fragmentation inédite de la gauche à Vénissieux.
Fondée en 2012, l’UDMF revendique aujourd’hui un peu moins de 800 adhérents et ambitionne d’atteindre les 1 300 membres d’ici la fin de l’année. Lors des dernières élections européennes, le parti avait participé à une coalition baptisée « Free Palestine party », sans parvenir à dépasser le seuil des 15 000 voix à l’échelle nationale.
Sur son site, l’UDMF se définit comme « un mouvement de gauche alliant éthique et politique », revendiquant l’héritage républicain de la liberté, de l’égalité et de la fraternité. Le parti affirme concentrer son action sur les quartiers populaires, qu’il estime insuffisamment représentés dans le débat politique national.
Nagib Azergui rejette toute accusation de communautarisme, tout en assumant clairement la volonté du mouvement de défendre les citoyens musulmans, qu’il décrit comme une « population politiquement orpheline ». Il estime que, malgré les tentatives de séduction de nombreux partis de gauche, les musulmans restent trop souvent relégués à une citoyenneté de second plan.
Selon lui, la lutte contre l’islamophobie ne peut être pleinement portée que par des représentants directement concernés. Il se dit lassé de voir les musulmans traités comme des citoyens à part et considère que leur parole politique demeure insuffisamment entendue dans les institutions.
Si l’UDMF a pour l’instant confirmé sa présence uniquement à Nanterre et Vénissieux, le parti n’exclut pas d’élargir son implantation. D’autres listes pourraient être annoncées dans les prochaines semaines, notamment dans les Hauts-de-France et en région Provence-Alpes-Côte d’Azur.
