Affaire Morandini : Pourquoi son maintien sur CNews fait polémique ?
Après la condamnation définitive de Jean-Marc Morandini pour corruption de mineurs, la chaîne CNews décide de le maintenir à l’antenne, déclenchant une crise interne, des réactions de journalistes, de victimes et des débats publics.
La condamnation définitive de Jean-Marc Morandini par la Cour de cassation a ravivé une polémique majeure dans le paysage médiatique français. Reconnu coupable de corruption de mineurs, l’animateur a été condamné à deux ans de prison avec sursis, à une amende de 20 000 euros et à une inscription au fichier des auteurs d’infractions sexuelles. Une décision judiciaire devenue irrévocable, qui marque la fin de toute procédure pénale en France.
Malgré cette condamnation définitive, CNews a fait le choix de maintenir Jean-Marc Morandini à l’antenne. L’animateur continue de présenter son émission quotidienne, une décision assumée par la direction de la chaîne, appartenant au groupe Canal+. Le groupe explique que Jean-Marc Morandini n’est plus en contact avec des mineurs dans le cadre de son activité professionnelle et qu’aucune interdiction légale ne l’empêche d’exercer.

Ce maintien provoque une onde de choc au sein même de la rédaction. Plusieurs figures de la chaîne ont publiquement exprimé leur malaise. Sonia Mabrouk a fait savoir qu’elle condamnait fermement les faits pour lesquels l’animateur a été jugé, tout en soulignant la difficulté de travailler dans ce contexte. Laurence Ferrari et Pascal Praud ont également été interrogés sur cette situation, chacun reconnaissant le caractère profondément troublant de la décision prise par leur employeur.

À l’extérieur de la chaîne, la polémique prend une dimension politique et sociétale. Plusieurs responsables politiques annoncent refuser désormais de participer à l’émission de Jean-Marc Morandini. Ce boycott progressif traduit une volonté de ne pas cautionner la présence à l’antenne d’un animateur condamné pour des faits impliquant des mineurs. Même au sein du Rassemblement National, pourtant habitué des plateaux de CNews, des consignes internes ont été données pour limiter les participations à son émission.

Les victimes de Jean-Marc Morandini ont également pris la parole. L’une d’elles, mineure au moment des faits, a dénoncé une situation qu’elle juge incompréhensible et choquante. Elle estime que voir l’animateur continuer à exercer dans les médias constitue un message extrêmement négatif envoyé à la société, et plus particulièrement aux victimes d’agressions sexuelles.

D’un point de vue strictement juridique, les spécialistes rappellent qu’aucune loi n’interdit à une personne condamnée de continuer à travailler à la télévision si son employeur le décide. La responsabilité repose donc entièrement sur la chaîne et sur le groupe Canal+, qui assume pleinement ce choix, malgré l’ampleur de la controverse.
L’affaire Morandini dépasse désormais le seul cas d’un animateur. Elle pose une question centrale sur la responsabilité des médias, sur la frontière entre légalité et éthique, et sur le rôle des chaînes d’information dans une société où la parole des victimes occupe une place de plus en plus centrale.
