Pourquoi Emmanuel Macron a-t-il peur du Rassemblement National ?
Analyse exclusive des raisons – politiques, institutionnelles et stratégiques – qui poussent le président de la République à craindre une possible prise de pouvoir par le Rassemblement National en France.
Une peur plus politique que personnelle
Dans les couloirs feutrés de l’Élysée, le silence est pesant ces dernières semaines. Depuis les législatives anticipées, Emmanuel Macron semble marcher sur un fil. Certains disent qu’il a perdu la main, d’autres qu’il tente de gagner du temps. Mais tous s’accordent sur un point : Le Président de la République a peur. Et pas d’un simple revers électoral. Non. Il redoute viscéralement une chose : L’arrivée au pouvoir du Rassemblement National.
Cette peur n’a rien d’une fiction. Elle s’exprime dans ses gestes, dans ses silences, dans les calculs fiévreux de ses équipes, dans les discours alambiqués de ses ministres. Car si le RN prend les rênes de l’exécutif, ce n’est pas qu’un changement de majorité. C’est la fin d’un monde, celui qu’Emmanuel Macron s’est acharné à bâtir depuis 2017 : Celui du “ni droite ni gauche”, de la technocratie européenne, de la gestion centriste, du progressisme en costume sur-mesure.

👉 1. Le Rassemblement National incarne l’échec personnel de Macron
Quand Emmanuel Macron entre à l’Élysée en mai 2017, il le fait sous un slogan : En Marche !, avec une promesse : Faire barrage à Marine Le Pen. Sa victoire n’est pas seulement politique. Elle est existentielle. Il se définit, dès le départ, en opposition totale à l’extrême droite. Il la combat, il la fustige, il s’en nourrit pour exister.
Mais au fil des années, cette stratégie du duel se retourne contre lui. Plus il fait barrage, plus le barrage prend l’eau. Le RN grimpe, progresse, se banalise. En 2022, Marine Le Pen atteint 41,5 % au second tour. En 2024, Jordan Bardella écrase les européennes. En 2025, le parti est prêt pour gouverner. Et Macron le sait.
Si le RN arrive au pouvoir, c’est la preuve que sa stratégie a échoué. Qu’il a non seulement échoué à endiguer l’extrême droite… mais peut-être même contribué à sa montée.
👉 2. Le RN n’est plus le diable : Macron a perdu son meilleur épouvantail
Pendant longtemps, agiter la menace du RN suffisait à faire taire les récalcitrants, à faire voter utile, à unir les centristes, les modérés, les sociaux-démocrates. Mais aujourd’hui, ce levier ne fonctionne plus.
Pourquoi ? Parce que le RN a changé de visage. Le parti de Jean-Marie Le Pen était un repoussoir. Celui de Jordan Bardella est une vitrine bien éclairée.
- Un jeune leader charismatique,
- Une parole policée,
- Des réseaux sociaux maîtrisés,
- Des idées nationalistes emballées dans un discours sécuritaire « raisonnable ».
Et surtout : Le RN apparaît désormais comme un parti “prêt à gouverner”. Le vernis de respectabilité fonctionne. Et Macron perd son principal argument : La peur.

👉 3. Une cohabitation redoutée… et humiliante
Une cohabitation avec un Premier ministre RN ? Pour Macron, ce serait le cauchemar absolu.
- D’un point de vue institutionnel, il deviendrait un président sans pouvoir réel.
- D’un point de vue politique, il perdrait le contrôle du pays.
- D’un point de vue personnel, il devrait composer avec ceux qu’il a toujours combattus.
Une humiliation inédite pour un président encore en exercice, qui se rêvait Jupiter mais finirait otage de Matignon. Et c’est aussi pour cela qu’il tremble : Il sait que le RN a désormais les moyens d’imposer cette cohabitation, dès 2025 voire avant.
👉 4. La peur d’une rupture des équilibres républicains
Emmanuel Macron se vit comme le garant des institutions, l’homme de la Constitution, le gardien de l’ordre républicain. Mais que se passerait-il si le RN prenait le pouvoir ?
- Les nominations dans la haute fonction publique seraient bouleversées.
- Les relations avec la presse, les syndicats, les ONG seraient tendues.
- Les politiques migratoires, pénales, diplomatiques seraient radicalement changées.
En coulisses, de nombreux hauts fonctionnaires expriment leur crainte : L’arrivée du RN pourrait provoquer un chaos institutionnel, des grèves massives, des blocages, voire des affrontements civils. Et Macron, en stratège, le redoute plus que tout.
👉 5. Le risque d’un embrasement social incontrôlable
Ce que Macron sait, mais ne dit jamais publiquement, c’est que l’accession du RN au pouvoir pourrait mettre le feu aux poudres.
- Émeutes dans les banlieues,
- Appels à la désobéissance civile,
- Clivages communautaires exacerbés,
- Défiance radicale d’une partie de la population.
Cette peur, il l’agite comme une menace sourde, une manière de dissuader les électeurs, mais elle est aussi réelle. Il connaît les tensions du pays, il sait que la France est une cocotte-minute.

👉 6. Le RN pourrait gouverner… et ne pas échouer
Voici sans doute la peur la plus secrète d’Emmanuel Macron : Et si le RN gouvernait… sans faire pire que lui ?
Le pire cauchemar du président, ce n’est pas que le RN échoue. C’est qu’il réussisse à se maintenir, à séduire, à durer. Qu’un gouvernement RN tienne 2, 3, 4 ans sans s’effondrer. Qu’il montre qu’on peut gouverner autrement. Qu’il finisse même par paraître crédible aux yeux de l’Europe ou des grandes puissances.
Cela ruinerait définitivement l’héritage Macron.
👉 7. La perte de contrôle des récits et des symboles
Emmanuel Macron a toujours été un président de la mise en scène. Les discours de la Pnyx à Athènes, les hommages vibrants à Simone Veil, les grandes annonces sur la souveraineté européenne, les images calibrées à Versailles… Tout chez lui est symbole, posture, récit.
Mais le RN est en train de lui voler cette maîtrise du récit. Avec Jordan Bardella, c’est la jeunesse qui change de camp. Avec Marine Le Pen, c’est la France populaire qui parle. Et la Macronie devient une élite désincarnée, dépassée, rejetée.

👉 8. L’isolement politique d’un président sans majorité
Depuis 2022, Emmanuel Macron n’a plus de majorité absolue. Il gouverne à coups de 49.3, de compromis pénibles, de reculs stratégiques. En 2024, les européennes ont montré que son socle électoral s’est effondré.
Aujourd’hui :
- Les Républicains sont divisés,
- La gauche est fragmentée,
- Le centre est épuisé.
Et face à cette vacuité, le RN avance en bloc, structuré, conquérant. Macron n’a plus de front républicain, plus de digue, plus de levier.
👉 9. L’échec de la promesse européenne
Macron s’est toujours présenté comme le champion de l’Europe. Mais face à lui, le RN propose un repli souverainiste, une critique radicale de Bruxelles, une posture nationaliste assumée.
Or, l’euroscepticisme gagne du terrain, même chez les anciens Macronistes. Et si le RN arrivait au pouvoir, la politique étrangère française basculerait : Immigration, frontières, commerce, défense… tout serait reconfiguré.
Ce serait la fin de l’axe Merkel-Macron, la fin de la France en leader européen.
👉 10. Le crépuscule de Jupiter
Enfin, il faut le dire franchement : Emmanuel Macron ne veut pas sortir de l’Histoire par la petite porte. Il rêve de sommet mondial, de présidence européenne, de mission à l’ONU, d’un rôle post-Élysée.
Mais s’il doit quitter le pouvoir sur une cohabitation RN, ou pire, sur une victoire RN en 2027, son nom sera à jamais associé à la montée de l’extrême droite en France.
Et ça, pour l’homme qui voulait « réconcilier la France« , c’est une tache indélébile.

🧩 Un héritage en sursis face à une vague qui monte
La peur d’Emmanuel Macron face au Rassemblement National n’est pas feinte. Elle est stratégique, historique, existentielle, symbolique. Car le RN, pour lui, n’est pas seulement un adversaire politique : C’est le miroir noir de son propre parcours, le fantôme de ses échecs, la fin d’un mythe.
Et si cette peur devient panique, ce n’est pas uniquement à cause de Bardella ou Le Pen… mais parce qu’au fond de lui, il sait que la digue qu’il a promise n’a pas tenu.
