Qui est Raphaël Arnault, député LFI au cœur des polémiques politiques ?
Député à 31 ans, cofondateur d’un mouvement antifasciste dissous, figure controversée de la gauche radicale… Qui est vraiment Raphaël Arnault ?
Cofondateur de la Jeune Garde antifasciste, député de La France Insoumise et aujourd’hui éclaboussé par une affaire judiciaire explosive, Raphaël Arnault traverse la plus grave zone de turbulence de sa jeune carrière politique. Après la mort du jeune Quentin, frappé à Lyon le 12 février, et l’interpellation de onze personnes, le nom du parlementaire de 31 ans s’est retrouvé propulsé au centre d’une tempête médiatique et politique.
Son assistant parlementaire, Jacques-Elie Favrot, figure parmi les personnes soupçonnées d’avoir participé aux violences mortelles. Si Raphaël Arnault n’a, à ce stade, pas été entendu par les enquêteurs, l’affaire ravive un passé militant déjà lourd de controverses. Car l’élu du Vaucluse n’est pas un novice des affrontements de rue.
Avant d’entrer à l’Assemblée Nationale, il s’est fait connaître comme l’un des visages les plus offensifs de l’antifascisme radical lyonnais. À 23 ans, il participe à la création de la Jeune Garde antifasciste, un collectif assumant une stratégie de confrontation directe avec des groupes d’ultra-droite. Dans plusieurs entretiens passés, il revendiquait la nécessité de « s’organiser » face aux attaques adverses, évoquant un tournant lors des manifestations contre la loi Travail en 2016.
Son parcours est jalonné d’épisodes violents. En 2021, une altercation éclate à la gare de Lyon avec des membres des Zouaves Paris. La même année, il est définitivement condamné à quatre mois de prison avec sursis pour violences volontaires en réunion après l’agression d’un militant dans une rue lyonnaise. En 2022, une autre condamnation pour violences vient alourdir son casier judiciaire. Il a également été entendu pour apologie du terrorisme après des propos tenus le 7 octobre 2023 au sujet de l’offensive du Hamas en Israël.
À cela s’ajoute une fiche S, révélée en 2024, parmi les militants d’ultra-gauche suivis par les services de renseignement. Un élément que ses soutiens minimisent, mais que ses adversaires brandissent comme la preuve d’une radicalité persistante.

L’image publique du député contribue elle aussi à alimenter la controverse. Connu pour afficher un tatouage représentant un poing américain, symbole souvent associé aux violences de rue, Raphaël Arnault incarne pour ses détracteurs une forme de militantisme musclé désormais assis sur les bancs de la République.
Autre zone d’ombre : Son patronyme. « Arnault » est un nom d’usage, qu’il dit avoir adopté pour des raisons de sécurité. Cette identité partiellement masquée nourrit, chez certains, un sentiment d’opacité.
Sur le plan politique, l’affaire fragilise davantage un équilibre déjà précaire à gauche. François Hollande a récemment estimé que LFI relève de l’« extrême gauche », évoquant explicitement les liens entretenus avec des groupes adeptes du « combat physique ». Le ministère de l’Intérieur a lui aussi classifié le mouvement dans cette catégorie.
De son côté, Jean-Luc Mélenchon, qui a soutenu et investi Raphaël Arnault, maintient une ligne de défense prudente. LFI dénonce une « instrumentalisation » politique du drame tout en cherchant à prendre ses distances avec les faits reprochés.
À quelques semaines d’échéances électorales locales, cette affaire pèse lourd. Elle complique les alliances potentielles entre formations de gauche et ravive le débat sur la frontière entre engagement militant radical et responsabilité parlementaire.
Pour Raphaël Arnault, la question dépasse désormais le simple terrain idéologique. Elle touche à la crédibilité d’un élu dont le parcours, marqué par la confrontation et la radicalité, se heurte frontalement aux exigences d’exemplarité attendues d’un représentant de la Nation.
