Combien faut-il gagner par mois pour vivre bien ? L’Insee nous répond
Une étude inédite de l’Insee fixe le seuil de revenu à atteindre pour que l’argent cesse d’être un frein au bien-être — et les chiffres surprennent.
L’Insee a publié une étude en juin 2024 pour répondre à une question que beaucoup se posent : Combien faut-il gagner par mois pour vivre heureux et tranquille en France ? Dans un contexte de coût de la vie élevé, cette analyse statistique s’attache à mesurer non pas le revenu minimum vital, mais le seuil de satiété, c’est-à-dire le niveau de revenu à partir duquel un revenu plus élevé n’apporte plus d’augmentation significative du bien-être ressenti par les individus.
Selon l’Insee, ce seuil se situe à 30 000 € par an par unité de consommation, soit environ 2 500 € par mois pour une personne seule. Cela signifie que, toutes choses égales par ailleurs, toucher ce niveau de revenu disponible semble maximiser la fréquence des moments de bien-être rapportés par les personnes interrogées.
Derrière ce chiffre moyen, les besoins varient grandement. Un couple avec deux jeunes enfants devra viser environ 63 000 € annuels, tandis qu’un foyer avec deux adolescents approche plutôt les 75 000 € par an pour une satisfaction comparable. Ces différences tiennent compte des unités de consommation calculées par l’Insee, qui pondèrent les besoins selon la composition du ménage.

L’étude met également en lumière que certains domaines de la vie ne réagissent pas de la même manière à l’augmentation du revenu. Par exemple, pour les loisirs, la satiété se situe autour de 27 000 €, tandis que pour l’état de santé, elle peut atteindre 35 000 €. Pour le logement, aucune limite supérieure n’est observée : plus on gagne, plus la satisfaction liée au logement continue de croître.
Les profils démographiques montrent aussi des écarts. Les jeunes adultes (16-29 ans) trouvent leur seuil vers 28 480 € par an, alors que les 55-66 ans sont autour de 32 000 €. Les retraités voient encore une légère hausse de ce seuil, autour de 33 292 €, tandis que les habitants de petites communes rurales ont un seuil plus bas comparé aux résidents des grandes agglomérations et de l’Île-de-France.
Ces données montrent qu’il n’existe pas un seul “bon salaire” universel pour être heureux, mais plutôt une fourchette variable selon les situations personnelles, familiales et géographiques. Toutefois, atteindre environ 2 500 € par mois de revenu disponible par unité de consommation apparaît comme un repère solide pour réduire les contraintes financières et favoriser une vie sereine.
Un repère monétaire pour une vie plus sereine : Quand le revenu cesse d’être un frein au bonheur.
