POLITIQUE

Appel à la violence ? Le RN contraint de suspendre un collaborateur

Un message publié en ligne, quelques mots jugés explosifs… et l’Assemblée Nationale se retrouve plongée dans une nouvelle tempête politique.

Un message glaçant.

Une onde de choc politique.

Et une mise à pied immédiate au sommet de l’Assemblée Nationale.

Un collaborateur parlementaire du Rassemblement National affecté auprès du député de l’Ain Jérôme Buisson a été suspendu « à titre conservatoire » après la publication d’un message explosif sur le réseau social X. Une publication jugée d’une gravité exceptionnelle, qui a déclenché un tollé national et relancé les accusations de radicalisation du débat politique en France.

Un message évoquant des « décès » de figures de gauche

À l’origine de la tempête : Une phrase publiée en ligne et rapidement capturée par plusieurs élus.

« J’ai fait un rêve : quatre décès. Et le peuple empli de joie. »

Le message était accompagné d’une image montrant quatre personnalités identifiées à gauche : l’activiste antiraciste Assa Traoré, ainsi que les élues de La France Insoumise Sophie de la Rochefoucauld, Sophia Chikirou et Rima Hassan.

La formulation, perçue comme une allusion à la mort de responsables politiques, a immédiatement provoqué l’indignation. Les captures d’écran ont circulé en quelques heures sur les réseaux sociaux, amplifiant la polémique.

Suspension immédiate et condamnation officielle

Face à l’ampleur du scandale, Jérôme Buisson a annoncé dans un communiqué la mise à pied conservatoire de son collaborateur.

« Les mots employés sont inacceptables et ne reflètent en rien les valeurs que je défends », a déclaré l’élu.

Il a également promis des « mesures administratives et disciplinaires » après audition, affirmant condamner « avec la plus grande fermeté toute forme de violence ».

Cette réaction rapide vise à contenir une crise politique qui s’annonçait explosive, dans un climat déjà extrêmement tendu.

Accusations d’appel à la violence

Le coordinateur national de La France Insoumise, Manuel Bompard, a dénoncé ce qu’il qualifie d’« appel à tuer des parlementaires et des personnalités politiques ».

Selon lui, ces propos s’inscrivent dans une dynamique plus large de radicalisation.

« L’extrême droite veut faire basculer le pays dans la violence généralisée et dans la guerre civile », a-t-il affirmé sur X.

Une autre publication attribuée au même collaborateur aurait également circulé, avec cette phrase : « L’extrême gauche tue. Tuons l’extrême gauche. »

Ce message n’a toutefois pas pu être authentifié officiellement, le compte concerné ayant été supprimé après la polémique.

M. Jérôme Buisson Rassemblement National Ain (4e circonscription)

Un climat déjà sous tension après un décès à Lyon

Cette affaire survient dans un contexte particulièrement inflammable.

Un étudiant de 23 ans, prénommé Quentin, est décédé après des violences survenues à Lyon lors d’affrontements entre militants d’extrême droite et d’extrême gauche, selon une source proche de l’enquête.

Dans la foulée, plusieurs responsables politiques ont multiplié les déclarations accusatoires.

La députée européenne Marion Maréchal a écrit sur X : « La milice de Mélenchon et LFI a tué. »

Le président des Républicains, Bruno Retailleau, a lui aussi pointé la responsabilité de « l’extrême gauche ».

Dégradations et accusations croisées

Après le drame lyonnais, plusieurs permanences liées à La France Insoumise ont été dégradées, notamment à Paris, Rouen, Metz, Castres, Bordeaux, Lille, Montpellier et Toulouse, selon Manuel Bompard.

Le leader du mouvement, Jean-Luc Mélenchon, a dénoncé des « accusations sans aucun fondement » exploitant le drame et alimentant un climat de haine.

Une nouvelle fracture dans un paysage politique sous haute tension

Entre appels à la fermeté, accusations d’incitation à la violence et escalade verbale, cette affaire illustre une radicalisation inquiétante du débat public.

Au cœur du scandale, une simple publication numérique.

Mais aux conséquences politiques majeures.

À l’Assemblée Nationale comme sur les réseaux sociaux, la ligne rouge semble, une fois encore, dangereusement franchie.

Yann GOURIOU

Auteur indépendant installé en Bretagne, je réalise des enquêtes et des reportages de terrain pour mon blog. J’écris avec une approche humaine, sensible et engagée, en donnant la parole à celles et ceux dont on n’entend rarement la voix.

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