10 grammes de pain manquants… et une facture de 15 000 € pour le boulanger
Une réclamation pour seulement 10 grammes de pain manquants a tourné au casse-tête pour un boulanger allemand. Après l’intervention de l’administration chargée des poids et mesures, le commerçant a investi près de 15 000 euros dans de nouvelles balances pour ses six boutiques. Une précision toutefois : contrairement à certains titres, il ne s’agit pas d’une amende.
En Allemagne, un client mécontent d’avoir reçu un demi-pain légèrement moins lourd que prévu s’est plaint pour une différence d’environ 10 grammes. Quelques mois plus tard, le boulanger a dû revoir sa façon de vendre ses pains et investir près de 15 000 euros dans de nouvelles balances. Mais contrairement à ce qui a parfois été affirmé, il ne s’agit pas d’une amende.
L’histoire pourrait presque passer pour une mauvaise blague. À Pfaffenhofen an der Ilm, en Bavière, le boulanger Matthias Breitner vendait depuis des décennies ses pains de la manière la plus simple possible : lorsqu’un client souhaitait seulement un demi-pain, le pain était coupé en deux et la moitié était vendue pour 2,40 euros, soit la moitié du prix du pain entier.
👉 Une pratique qui fonctionnait sans véritable problème jusqu’à ce qu’un client décide de vérifier le poids de son achat.
Il manquerait une dizaine de grammes
Selon le récit fait par Matthias Breitner à la presse allemande, le client est revenu mécontent à la boulangerie après avoir constaté que son demi-pain pesait environ 10 grammes de moins que les quelque 500 grammes attendus.
👉 Une différence représentant approximativement une demi-tranche de pain.
Le boulanger reconnaît ne pas avoir vraiment pris la réclamation au sérieux.
Il aurait expliqué au client que lorsqu’un pain est coupé en deux, les deux morceaux ne peuvent évidemment pas toujours peser exactement le même poids : une fois le consommateur peut recevoir quelques grammes de moins, une autre fois quelques grammes de plus.
Le client serait alors parti furieux en prévenant que l’affaire aurait « des conséquences ».
L’administration intervient
Quelque temps plus tard, l’administration allemande chargée du contrôle des poids et mesures, l’Eichamt, s’est intéressée à la boulangerie.
👉 Et c’est là que les ennuis ont véritablement commencé.
La réglementation allemande prévoit en effet que lorsqu’un produit est vendu en fonction de son poids, celui-ci doit être pesé à l’aide d’une balance homologuée.
Or, lorsqu’un pain d’environ un kilo était coupé en deux devant le client, les deux morceaux pouvaient naturellement présenter une légère différence de poids.
L’administration a donc demandé à la boulangerie de disposer de balances homologuées permettant de peser précisément les demi-pains vendus.
👉 Depuis, chaque moitié est pesée et son prix est calculé en fonction de son poids réel.
Près de 15 000 euros pour équiper les six boulangeries
Pour Matthias Breitner, la mise en conformité s’est révélée particulièrement coûteuse.
Le boulanger possède six établissements et explique avoir fait installer au total neuf balances, facturées environ 1 500 euros chacune, auxquelles se sont ajoutés le logiciel, l’installation et la connexion au système de caisse.
🔴 Selon lui, la facture totale avoisine ainsi 15 000 euros.
Et c’est là qu’une précision importante s’impose.
Non, le boulanger n’a pas reçu une amende de 15 000 euros
Contrairement à ce que pourraient laisser croire certains titres publiés sur cette affaire, Matthias Breitner n’a pas été condamné à payer une amende de 15 000 euros.
👉 Ces 15 000 euros correspondent au montant que le commerçant affirme avoir investi pour équiper ses différents établissements.
L’agence de presse allemande DPA le précise elle-même très clairement : les 15 000 euros ne correspondent pas à une sanction mais à l’achat du nouvel équipement nécessaire au fonctionnement de ses boutiques.
📍 Autre nuance : l’administration bavaroise indique que la connexion des balances directement aux caisses, qui représente une partie de l’investissement réalisé par le boulanger, n’était pas obligatoire. Matthias Breitner explique avoir choisi cette solution afin de faciliter et d’accélérer le travail de ses employés.
La plainte du client a-t-elle vraiment provoqué le contrôle ?
Sur ce point également, les versions divergent.
Le boulanger établit clairement un lien entre l’incident avec le client et les difficultés qui ont suivi.
Mais Stefan Thums, directeur de l’Office bavarois des poids et mesures, affirme de son côté que la visite effectuée dans la boulangerie était un contrôle de routine.
Il n’est donc pas possible d’affirmer avec certitude que la réclamation portant sur les fameux dix grammes est directement à l’origine de l’intervention de l’administration.
Désormais, chaque gramme compte
La conséquence est en revanche bien réelle.
Les demi-pains ne sont désormais plus systématiquement vendus au même prix.
Dans un reportage de BR24, deux moitiés provenant du même type de pain ont par exemple été pesées : l’une revenait à 2,45 euros, tandis que l’autre coûtait 2,30 euros.
Une précision qui laisse certains clients perplexes, tandis que d’autres considèrent au contraire parfaitement normal de payer exactement le poids de pain qu’ils achètent.
Pour la famille Breitner, cette nouvelle méthode signifie surtout quelques manipulations supplémentaires à chaque vente : poser le pain sur la balance, sélectionner sa variété et attendre que le poids soit transmis à la caisse.
Tout cela pour une affaire partie, à l’origine, d’une différence d’environ 10 grammes de pain.
Et le client à l’origine de la dispute ?
Selon Matthias Breitner, il ne serait plus revenu dans la boulangerie depuis.
Sources et références
— Süddeutsche Zeitung, 25 août 2026 — entretien avec le boulanger Mathias Breitner sur l’origine de l’affaire, la réclamation concernant les 10 grammes de pain et le coût des nouvelles balances. Lire l’article de Süddeutsche Zeitung
— BR24 / Bayerischer Rundfunk, mise à jour du 28 août 2026 — reportage dans la boulangerie et explications de l’Office bavarois des poids et mesures sur l’obligation de peser les demi-pains. Lire l’article de BR24
— DPA / Süddeutsche Zeitung, 25 août 2026 — dépêche précisant notamment que les 15 000 euros ne correspondent pas à une amende, mais à l’investissement réalisé par le boulanger pour équiper ses établissements. Lire la dépêche DPA publiée par Süddeutsche Zeitung