Muse : la nouvelle IA de Meta peut désormais agir à votre place sur Internet
Meta vient de lancer Muse, un agent IA personnel capable d’aller bien au-delà d’un simple chatbot. Réservations, recherches, formulaires, e-mails, tâches en ligne : Muse peut agir directement pour l’utilisateur, sous certaines conditions et autorisations.
Réserver un voyage, envoyer un e-mail, remplir un formulaire, surveiller un prix ou gérer certaines démarches en ligne : avec Muse, Meta veut faire entrer l’intelligence artificielle dans une nouvelle phase. Lancé le 8 septembre 2026 aux États-Unis, ce nouvel agent IA ne se contente plus de discuter avec l’utilisateur. Il peut réellement exécuter des tâches à sa place. À propos de Facebook
Pendant plusieurs années, les assistants d’intelligence artificielle ont surtout servi à répondre à des questions, rédiger des textes, générer des images ou rechercher des informations.
👉 Avec Muse, Meta veut aller beaucoup plus loin.
Le groupe de Mark Zuckerberg présente son nouvel outil comme un « agent IA personnel », capable d’agir sur Internet et dans certaines applications connectées au nom de son utilisateur. À propos de Facebook
Muse, ce n’est pas simplement un chatbot
La différence est fondamentale.
Un chatbot traditionnel attend une question et fournit une réponse.
👉 Muse, lui, peut recevoir une mission et tenter de l’accomplir.
Meta donne plusieurs exemples : l’agent peut notamment réserver un rendez-vous, remplir des formulaires, gérer un service client, surveiller des prix, créer des documents, effectuer des recherches ou réaliser certaines réservations. Ai.Meta
Muse peut également se connecter à certains services tiers pour effectuer des actions telles que l’envoi d’e-mails ou des achats en ligne, sous réserve des autorisations données par l’utilisateur. Ai.Meta
Autrement dit, au lieu de demander à une IA :
👉 « Comment réserver ce voyage ? »
l’objectif devient plutôt :
👉 « Organise-moi ce voyage. »
Et l’IA se charge ensuite d’une partie du travail.
Muse dispose même de son propre ordinateur virtuel
C’est probablement l’un des aspects les plus impressionnants du système.
Meta a développé ce qu’il appelle Muse Secure VM, une machine virtuelle dédiée disposant de son propre navigateur Internet.
Cette machine permet à Muse de naviguer sur le Web et d’effectuer des opérations de manière relativement autonome. À propos de Facebook
ℹ️ Selon Meta, cet environnement informatique est isolé et associé à chaque utilisateur.
Muse peut donc travailler sur une tâche complexe comprenant plusieurs étapes et continuer son travail en arrière-plan, y compris lorsque l’application est fermée. Ai.Meta
C’est précisément ce qui distingue aujourd’hui les agents IA des assistants conversationnels classiques.
On peut lui parler directement dans WhatsApp
Meta bénéficie évidemment d’un avantage considérable : son immense écosystème.
Muse peut être utilisé depuis son application dédiée, mais également directement depuis WhatsApp, comme si l’on discutait avec un contact. À propos de Facebook
L’utilisateur peut donc simplement écrire une demande en langage naturel.
Par exemple :
👉 « Trouve-moi un restaurant pour samedi soir, vérifie les disponibilités et réserve une table pour quatre personnes. »
Muse peut ensuite rechercher les informations et effectuer plusieurs étapes nécessaires à la réalisation de la demande.
Muse peut aussi se souvenir de ce qui compte pour vous
Autre différence avec un assistant classique : Muse possède une mémoire destinée à personnaliser progressivement son fonctionnement.
🟢 Meta explique que l’agent peut retenir certaines préférences de l’utilisateur et les réutiliser ultérieurement.
L’entreprise donne par exemple le cas d’une personne ayant enregistré une recette sur Instagram : Muse pourrait utiliser cette information pour préparer une liste de courses ou organiser un repas, tout en tenant compte des préférences alimentaires précédemment mentionnées. À propos de Facebook
Cette mémoire peut rendre l’assistant particulièrement efficace.
🔴 Mais elle soulève également une question évidente.
Pour être réellement efficace, Muse doit avoir accès à beaucoup de données
E-mails, calendrier, préférences personnelles, comptes en ligne, achats…
👉 Plus Muse dispose d’informations, plus il peut agir efficacement.
📍 Mais cela signifie aussi confier à une intelligence artificielle une quantité potentiellement considérable de données personnelles.
🟢 Meta insiste donc énormément sur la sécurité du système.
Selon l’entreprise, l’utilisateur choisit précisément les services auxquels Muse peut accéder et peut retirer ces autorisations à tout moment. À propos de Facebook
🟢 Meta affirme également que Muse ne voit directement ni les mots de passe ni les moyens de paiement stockés dans son environnement sécurisé.
Certaines opérations sensibles, comme envoyer un e-mail ou effectuer un achat, doivent également être confirmées par l’utilisateur. À propos de Facebook
Meta promet que les données de Muse ne seront pas utilisées pour la publicité
C’est évidemment un point particulièrement sensible pour Meta.
👉 L’entreprise affirme que les conversations avec Muse et les données stockées dans sa machine virtuelle ne sont pas transmises à ses systèmes publicitaires. À propos de Facebook
Les utilisateurs peuvent également refuser que leurs interactions servent à entraîner les modèles d’intelligence artificielle de Meta.
Mais les interrogations autour de la confidentialité restent importantes.
Reuters rapporte que le développement de Muse a été retardé afin d’améliorer sa sécurité et que des tests internes avaient auparavant mis en évidence plusieurs problèmes concernant notamment la fiabilité et la protection de certaines informations. Reuters
Comme pour tous les agents capables d’agir directement sur Internet, la question n’est donc plus seulement :
👉 « Est-ce que l’IA donne une bonne réponse ? »
Mais également :
👉 « Peut-on lui faire suffisamment confiance pour agir à notre place ? »
Muse connaît déjà un démarrage spectaculaire
Le lancement de Muse n’est pas passé inaperçu.
Selon Axios, l’application est devenue en quelques jours l’application gratuite la plus téléchargée sur l’App Store américain, seulement une dizaine de jours après son lancement. Axios
Cette popularité très rapide montre à quel point les assistants capables d’agir concrètement pourraient devenir l’un des prochains grands marchés de l’intelligence artificielle.
L’objectif affiché par Meta est d’ailleurs particulièrement ambitieux.
Mark Zuckerberg parle depuis plusieurs mois de « superintelligence personnelle », c’est-à-dire une intelligence artificielle capable d’accompagner chaque utilisateur dans une grande partie de sa vie numérique.
Muse constitue aujourd’hui l’une des premières concrétisations grand public de cette stratégie. À propos de Facebook
Et lorsqu’on écrit « @Muse » dans un commentaire Facebook ?
Depuis son lancement, certains internautes commencent également à mentionner Muse dans les commentaires Facebook.
⚠️ Mais attention à ne pas confondre deux choses.
Sur Facebook, écrire « @Muse » peut simplement créer une mention vers la page officielle de Muse, exactement comme lorsqu’on identifie une personne ou une autre page.
À ce jour, les informations officielles publiées par Meta décrivent l’utilisation de Muse via son application, son site et WhatsApp, mais ne présentent pas la mention « @Muse » dans un commentaire Facebook comme une commande permettant automatiquement à l’intelligence artificielle d’intervenir. À propos de Facebook
👀 Il faudra donc surveiller l’évolution de cette fonction.
Pour l’instant, Muse n’est pas officiellement disponible en France
Muse est actuellement déployé aux États-Unis, sur iOS, Android et via le Web. À propos de Facebook
Meta prévoit cependant d’étendre progressivement son agent à d’autres usages et appareils, notamment ses lunettes connectées.
Aucune date officielle de lancement en France n’est indiquée dans l’annonce initiale de Meta.
Une évolution beaucoup plus importante qu’un simple nouveau chatbot
Muse illustre surtout un changement profond dans l’utilisation de l’intelligence artificielle.
Nous sommes progressivement en train de passer d’IA auxquelles nous demandons :
👉 « Explique-moi comment faire. »
à des IA auxquelles nous pouvons dire :
👉 « Fais-le pour moi. »
🚨 Et cette différence pourrait profondément modifier notre manière d’utiliser Internet.
Car si ces agents deviennent suffisamment fiables, une partie des tâches que nous effectuons aujourd’hui nous-mêmes — rechercher, comparer, réserver, remplir des formulaires ou contacter des entreprises — pourrait progressivement être déléguée à des machines.
La véritable question n’est donc peut-être plus de savoir si les agents IA arriveront dans notre quotidien.
👉 Ils sont déjà là.
La question sera plutôt de savoir jusqu’où nous accepterons de les laisser agir à notre place.