FINANCE

Carburant : sur un litre d’essence à 1,70 €, près d’un euro correspond aux taxes

Sur un litre d’essence vendu 1,70 €, environ 97 centimes correspondent à l’accise et à la TVA. Découvrez ce que vous payez réellement à la pompe et pourquoi les taxes représentent une part aussi importante du prix du carburant.

Lorsque vous payez votre carburant à la pompe, le prix affiché ne correspond pas uniquement au pétrole, à son raffinage ou à son transport. Une part très importante de la facture est constituée de fiscalité. En prenant l’exemple d’un litre d’essence vendu 1,70 €, près d’un euro correspond à l’accise sur les carburants et à la TVA. Voici comment se décompose réellement la facture.

À chaque passage à la station-service, le même constat s’impose : quelques centimes de différence par litre peuvent rapidement représenter plusieurs euros sur un plein.

Mais que paye-t-on réellement lorsqu’un litre d’essence est affiché à 1,70 € ?

Le ministère de l’Économie rappelle qu’en France, les différentes taxes représentent approximativement 60 % du prix de l’essence et du gazole à la pompe. Le reste correspond notamment au coût du produit pétrolier, au raffinage, à son acheminement ainsi qu’aux coûts et marges de distribution.

Près de 69 centimes d’accise sur chaque litre d’essence

La première composante fiscale importante est l’accise sur les produits énergétiques, héritière de ce que les automobilistes connaissent davantage sous l’ancien nom de TICPE.

Depuis le 1er mars 2026, le tarif normal applicable aux essences est fixé à 69,02 euros par hectolitre, soit exactement 0,6902 € par litre.

Pour le gazole, il est de 60,75 euros par hectolitre, soit 0,6075 € par litre.

Autrement dit, avant même de calculer la TVA, environ 69 centimes sur chaque litre d’essence correspondent déjà à cette accise.

À cela s’ajoute encore la TVA à 20 %

Ce n’est pas terminé.

Le carburant est également soumis à une TVA de 20 %.

Particularité importante : cette TVA est calculée sur le prix hors taxe comprenant déjà l’accise. Le ministère de l’Économie confirme que la TVA s’applique sur la somme globale, fiscalité énergétique comprise.

Prenons donc un exemple très simple.

Pour un litre d’essence vendu 1,70 € TTC, la TVA incluse dans le prix représente environ :

0,28 € par litre.

En y ajoutant les 0,69 € d’accise, on obtient environ :

0,97 € de fiscalité sur un litre vendu 1,70 €.

Cela représente environ 57 % du prix payé à la pompe dans cet exemple.

Sur 1,70 € d’essence :

  • Accise sur l’énergie : environ 0,69 €
  • TVA : environ 0,28 €
  • Total accise + TVA : environ 0,97 €
  • Reste du prix : environ 0,73 €

Ces 73 centimes restants ne représentent évidemment pas uniquement le bénéfice de la station-service. Ils doivent notamment couvrir le coût du carburant lui-même, le raffinage, le transport, le stockage, la logistique et les marges des différents acteurs intervenant avant l’arrivée du produit à la pompe.

Et pour le gazole ?

La mécanique est similaire, mais l’accise est moins élevée.

Pour le gazole, le tarif normal de l’accise est actuellement de 60,75 centimes par litre.

Si l’on prenait, là encore, l’exemple théorique d’un litre vendu 1,70 €, la TVA comprise dans ce prix serait toujours d’environ 28 centimes.

L’accise et la TVA représenteraient alors ensemble environ :

0,89 € par litre, soit un peu plus de 52 % du prix payé.

Le pourcentage varie donc selon le carburant et, surtout, selon le prix auquel il est vendu.

Pourquoi la part des taxes change-t-elle lorsque le carburant augmente ou baisse ?

C’est l’un des points essentiels pour comprendre les prix à la pompe.

L’accise est principalement déterminée par une somme prélevée sur chaque quantité de carburant vendue. Son montant ne diminue donc pas automatiquement parce que le pétrole devient moins cher.

La TVA, en revanche, dépend du prix.

Lorsqu’un litre de carburant devient plus cher, le montant de TVA payé augmente également. À l’inverse, lorsque le prix baisse, le montant de TVA diminue.

C’est pourquoi il est impossible de dire que l’État récupère systématiquement une somme parfaitement identique sur chaque litre vendu : l’accise est relativement stable, tandis que la TVA dépend du prix de vente.

Les taxes représentent environ 60 % du prix à la pompe

Le calcul réalisé avec un litre à 1,70 € illustre donc assez bien l’ordre de grandeur donné par le ministère de l’Économie.

Selon Bercy, les taxes représentent en France approximativement 60 % des prix de l’essence et du gazole à la pompe.

Cette proportion n’est cependant pas figée.

Quand les cours du pétrole et les prix hors taxes diminuent fortement, la fiscalité fixe représente mécaniquement une proportion plus importante du prix final.

Lorsque le pétrole et les coûts de raffinage augmentent fortement, la part relative de l’accise peut au contraire diminuer, même si son montant en euros reste quasiment identique.

Tout cet argent va-t-il réellement dans les caisses de l’État ?

C’est là qu’une nuance importante doit être apportée.

Dire que « l’État récupère 97 centimes sur chaque litre » est une manière simple de présenter la fiscalité, mais elle n’est pas totalement exacte sur le plan budgétaire.

Une partie du produit de l’accise sur les carburants est en effet affectée aux collectivités territoriales.

Les textes budgétaires prévoient notamment l’attribution de fractions du produit de cette accise aux régions et à d’autres collectivités. La loi de finances pour 2026 fixe encore plusieurs mécanismes de répartition de ces recettes.

Il serait donc plus précis de parler de prélèvements fiscaux et de recettes publiques plutôt que d’affirmer que la totalité de cette somme reste dans le budget général de l’État.

Pourquoi les prix peuvent-ils autant varier d’une station à l’autre ?

La fiscalité n’explique pas toutes les différences constatées à la pompe.

Le prix du carburant dépend également du prix du pétrole brut, de la valeur des produits raffinés sur les marchés, du coût du raffinage, du transport, du stockage ainsi que de la politique commerciale du distributeur.

Les marges et les coûts d’exploitation peuvent également varier selon qu’il s’agit d’une station d’autoroute, d’une grande surface ou d’une station-service indépendante.

Le prix peut donc évoluer même lorsque la fiscalité reste inchangée.

Un plein de 50 litres permet de mesurer l’importance des taxes

L’exemple devient encore plus parlant lorsqu’on raisonne sur un plein.

Avec une essence vendue 1,70 € le litre, un plein de 50 litres coûte 85 €.

En reprenant notre estimation de 0,97 € d’accise et de TVA par litre, environ :

48,50 € sur les 85 € payés correspondent à ces deux prélèvements fiscaux.

Les quelque 36,50 € restants correspondent alors au carburant hors de ces deux taxes et aux différents coûts de la chaîne de production et de distribution.

Il s’agit d’une estimation destinée à comprendre la structure du prix : la décomposition exacte dépend du carburant, du prix pratiqué et des autres éléments fiscaux ou économiques intégrés dans la chaîne.

Le pétrole n’est donc qu’une partie de ce que vous payez à la pompe

Lorsqu’un automobiliste voit un litre d’essence affiché à 1,70 €, il serait donc faux de considérer que ces 1,70 € correspondent principalement au pétrole.

Dans notre exemple, environ 97 centimes correspondent à l’accise et à la TVA, contre environ 73 centimes pour le reste de la chaîne économique.

Cela permet aussi de comprendre pourquoi une forte baisse du pétrole brut ne se traduit pas nécessairement par une diminution de même ampleur du prix affiché dans les stations-service.

Une partie importante du tarif payé par l’automobiliste ne dépend tout simplement pas directement du cours du baril.

📍 Sources : Ministère de l’Économie et des Finances ; Code des impositions sur les biens et services et textes budgétaires publiés sur Légifrance.

Yann GOURIOU

Auteur indépendant installé en Bretagne, je réalise des enquêtes et des reportages de terrain pour mon blog. J’écris avec une approche humaine, sensible et engagée, en donnant la parole à celles et ceux dont on n’entend rarement la voix.

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