Pendant que les autres enfants étaient punis au coin, moi, ma mère me brûlait sur une plaque électrique…
Pendant que certains enfants étaient envoyés au coin pour réfléchir à leurs bêtises, d’autres vivaient un véritable enfer derrière les portes closes de leur maison. J’étais l’un de ces enfants. Aujourd’hui, à 48 ans, j’ai décidé de raconter cette enfance que l’on m’a volée.
Moi, j’aurais tellement aimé être simplement puni au coin…
Quand je lis les témoignages de personnes qui racontent leurs souvenirs d’enfance, ces quelques minutes passées face au mur après une bêtise, je ressens quelque chose de difficile à expliquer.
😪 Une immense tristesse.
Parce que moi, je n’ai pas connu les dix minutes au coin. J’ai connu les coups, les humiliations, les insultes et la peur.
La peur de rentrer chez moi. La peur d’un geste. La peur d’une colère. La peur de ceux qui auraient dû m’aimer.
👶 Je n’étais pourtant qu’un petit garçon.
Un enfant qui aurait simplement voulu être pris dans les bras, entendre des paroles rassurantes, se sentir aimé et protégé.
Mais dans mon enfance, la maison n’était pas toujours un refuge.
💥 Elle était le lieu où je pouvais subir les pires violences.
Des coups de ceinture à la brûlure : une enfance sous la terreur
Mon père m’a frappé. Il m’a donné des coups de ceinture. Il m’a même avoué m’avoir projeté violemment contre le mur de ma chambre.
😰 Mais certains de mes souvenirs les plus terrifiants concernent ma mère.
Des violences dont les conséquences ne disparaissent pas simplement parce que les années passent.
🔥 Je me souviens notamment de ce jour où elle m’a brûlé la main et l’avant-bras sur une plaque électrique brûlante.
J’avais moins de douze ans.
Imaginez un instant.
Un enfant face à une douleur insupportable. Un enfant incapable de se défendre contre sa propre mère.
Dans ma détresse, j’ai appelé mon père à l’aide.
Je l’ai supplié de me protéger.
🔥 Il a refusé.
Ce jour-là, quelque chose s’est brisé en moi.
Car au-delà de la souffrance physique, il y avait cette terrible découverte : même mon propre père ne voulait pas me secourir.
👉 À cet âge, comment comprendre une telle indifférence ?
👉 Comment continuer à croire que les adultes sont là pour nous protéger ?
👉 Comment grandir normalement lorsque ceux qui devraient incarner l’amour deviennent une source de terreur ?
Le plus insupportable ? Tous ces adultes qui savaient et qui se taisaient
Pendant des années, j’ai vécu avec le sentiment d’être un enfant dont personne ne voulait.
Et pourtant, je n’étais pas invisible.
❌ Des membres de ma famille, des personnes de mon entourage et d’autres adultes connaissaient, selon mes souvenirs, une partie de ce que je subissais.
- Certains avaient été témoins de violences.
- Mais personne n’a su me protéger.
- Ce silence m’a presque autant détruit que les coups.
Car lorsqu’un enfant est maltraité, il souffre de la violence qu’il subit. 👉 Mais il souffre aussi de voir que personne ne vient à son secours.
Je me suis longtemps demandé ce que j’avais fait pour mériter cela.
- Étais-je un mauvais enfant ?
- Étais-je si difficile à aimer ?
- Aujourd’hui, je connais la réponse.
Non. Je n’avais rien fait pour mériter ces violences. Aucun enfant ne les mérite.
Trente ans pour tenter d’échapper à cette enfance
On imagine parfois qu’une enfance malheureuse appartient au passé dès lors que l’on devient adulte.
🚨 C’est faux !
On peut quitter la maison familiale sans parvenir à échapper à ses souvenirs.
📅 Pendant des années, j’ai porté des blessures invisibles.
Pour tenter de faire taire ma souffrance, 👉 j’ai sombré dans les addictions.
L’alcool. Les drogues. Les injections de substances. 💉
J’ai cherché à anesthésier cette douleur intérieure, 👉 sans jamais parvenir à effacer ce que j’avais vécu.
💀 J’ai aussi traversé des périodes de désespoir extrême, au point de tenter plusieurs fois de mettre fin à mes jours.
Aujourd’hui, je vis avec un trouble bipolaire pour lequel je bénéficie d’un suivi médical. Je ne peux pas affirmer que les violences de mon enfance en sont la cause, mais elles ont profondément marqué mon existence.
❌ Il m’a fallu plus de trente ans pour commencer à comprendre que je n’étais pas responsable de ce que j’avais subi.
👁️ Plus de trente ans pour cesser de me regarder comme l’enfant que l’on m’avait fait croire mauvais.
🚫 Plus de trente ans pour retrouver un peu de paix.
Aujourd’hui, à 48 ans, je refuse de laisser mes bourreaux gagner
Je ne vais pas prétendre que tout est réglé.
👤 La reconstruction n’est pas un miracle qui efface les souvenirs du jour au lendemain.
Mais aujourd’hui, je me soigne.
J’ai entrepris un parcours médical pour sortir durablement des addictions. J’ai arrêté l’alcool et d’autres substances, 👉 et je poursuis actuellement des soins pour consolider mon arrêt de la kétamine.
🧳 J’ai quitté Paris pour m’installer à Rennes et recommencer une nouvelle vie.
❌ J’ai pris mes distances avec TOUTE ma famille.
- Je n’ai pas pardonné les violences que j’ai subies.
- Mais je ne veux plus consacrer mon existence à la haine.
- Je refuse de devenir prisonnier de ceux qui m’ont fait souffrir.
🟢 Aujourd’hui, je veux vivre. Aimer. Être aimé. Retrouver ma dignité. Et, si mon expérience peut servir à quelque chose, aider d’autres personnes à ne pas subir le même silence.
Alors oui, j’aurais préféré passer dix minutes au coin…
Je reviens à cette image.
Un enfant debout face au mur, puni pendant quelques minutes pour avoir fait une bêtise.
Je ne prétends pas que la mise au coin soit une méthode éducative idéale. Elle peut elle aussi devenir humiliante lorsqu’elle est mal utilisée.
🚫 Mais lorsque je compare cette image à ce que j’ai vécu, je mesure l’immense fossé qui sépare une sanction éducative de la maltraitance.
- J’aurais préféré mille fois quelques minutes au coin aux coups de ceinture.
- J’aurais préféré être privé de télévision plutôt que de connaître la peur.
- J’aurais préféré entendre « Tu es puni ! » plutôt que de grandir avec le sentiment d’être détesté.
Et surtout, j’aurais voulu que quelqu’un me dise un jour :
📣 « Tu n’as rien fait de mal. Tu es un enfant. Tu as le droit d’être aimé et protégé. »
Ces mots, je les ai attendus pendant une grande partie de mon enfance.
Mon enfance m’a été volée. Je refuse qu’on me vole aussi ma vie.
Aujourd’hui, je ne suis plus ce petit garçon sans défense.
Je suis un homme de 48 ans qui tente de reconstruire ce que la violence a détruit.
Je porte encore mes cicatrices. Certaines ne se voient pas. D’autres ne disparaîtront peut-être jamais complètement.
🟢 Mais je suis toujours là.
Et malgré tout ce que j’ai traversé, je refuse de reproduire la violence que j’ai subie.
Si je raconte mon histoire aujourd’hui, ce n’est pas pour susciter la pitié.
C’est pour que les adultes comprennent une chose essentielle :
👉 Un enfant ne devrait jamais avoir peur de ses propres parents.
On peut lui apprendre les règles, les limites et le respect sans le frapper, le terroriser ou l’humilier.
📍 Et lorsqu’un enfant révèle des violences, il faut l’écouter, le prendre au sérieux et agir pour le protéger.
Parce qu’au-delà des coups, il existe une autre violence terrible : celle du silence.
Ce silence qui laisse un petit garçon croire qu’il ne mérite pas d’être sauvé.
Moi, personne n’est venu me sauver lorsque j’en avais désespérément besoin.
Aujourd’hui, je fais tout pour me reconstruire.
👉 Et si mon témoignage peut contribuer à protéger ne serait-ce qu’un seul enfant, alors raconter cette histoire douloureuse n’aura pas été inutile.
🍀 Mon enfance m’a été volée. Mais mon avenir, lui, m’appartient.
👉 Yann GOURIOU — Témoignage personnel, Rennes, octobre 2026.
📍 Si vous êtes témoin de violences sur un enfant ou si vous soupçonnez une situation de maltraitance, vous pouvez contacter le 119, numéro national dédié à l’enfance en danger. En cas de danger immédiat, appelez le 17 ou le 112.