Le RN privé de parole dans les médias ? Bally Bagayoko dit oui, mais que dit la démocratie ?
Le maire LFI de Saint-Denis, Bally Bagayoko, s’est déclaré favorable à une interdiction de parole du Rassemblement national dans les médias. Une position qui relance le débat sur la liberté d’expression et les limites de la lutte contre le racisme.
Bally Bagayoko favorable à une interdiction de parole du RN
Invité sur LCI dimanche 25 octobre 2026, Bally Bagayoko a défendu une position radicale concernant la présence du Rassemblement national dans les médias.
Interrogé par Darius Rochebin sur une éventuelle interdiction de parole publique du RN, le maire de Saint-Denis a répondu : « Bien sûr. »
L’élu insoumis estime que les responsables politiques tenant des propos racistes ne devraient pas bénéficier de temps de parole. Il souhaite également que les personnes participant, selon lui, à la propagation de la haine soient sanctionnées.
Peut-on interdire un parti politique de médias ?
Si la loi française sanctionne les propos racistes, elle protège également la liberté d’expression et le pluralisme politique.
Le Rassemblement national reste un parti légalement constitué, représenté au Parlement et soutenu par des millions d’électeurs.
L’Arcom veille d’ailleurs au respect du pluralisme dans les médias audiovisuels. Une exclusion générale du RN soulèverait donc de sérieuses questions juridiques et démocratiques.
Sanctionner des propos illégaux est une chose. Empêcher un parti politique de s’exprimer en est une autre.
Une proposition qui pourrait se retourner contre LFI
Au-delà du RN, les déclarations de Bally Bagayoko soulèvent une question essentielle : si un responsable politique peut décider de faire taire ses adversaires, qu’empêcherait demain un autre gouvernement d’appliquer le même principe à La France insoumise ?
Une telle interdiction pourrait également renforcer le discours du RN, qui dénonce régulièrement sa mise à l’écart par une partie du monde politique.
La démocratie implique de combattre les idées que l’on rejette, mais aussi d’accepter leur confrontation dans le débat public, dans les limites de la loi.
Finalement, une question demeure : peut-on prétendre défendre la démocratie en voulant réduire ses adversaires politiques au silence ?