Peut-on savoir si son voisin est fiché S ? Ce que dit vraiment la loi
Le terme « fiché S » suscite inquiétudes, fantasmes et rumeurs. Mais que peut-on réellement savoir sur ce fichier ultra-confidentiel ? Voici ce que la loi autorise… et interdit strictement.
Le mot circule souvent dans les conversations, sur les réseaux sociaux ou après un fait divers. Être « fiché S » évoque immédiatement une menace, un danger potentiel, parfois même une culpabilité supposée. Pourtant, la réalité de ce fichier est bien plus complexe que les idées reçues.
Le fichier S n’est pas un registre public. Il ne s’agit ni d’un casier judiciaire, ni d’une liste de personnes condamnées. C’est un outil administratif utilisé par les services de renseignement pour signaler des individus jugés dignes d’intérêt au regard de la sécurité nationale. Être fiché S ne signifie donc pas avoir commis un crime, ni même être soupçonné d’une infraction précise.
La confidentialité est totale. Aucune base de données consultable, aucun site officiel, aucune démarche administrative ne permet à un citoyen de vérifier si une autre personne est fichée S. Cette information est strictement réservée aux autorités habilitées. Même la personne concernée n’est généralement pas informée de son inscription dans ce fichier.
Cette opacité alimente les fantasmes. Certains pensent pouvoir « reconnaître » un fiché S à son comportement, à ses fréquentations ou à ses opinions. En réalité, ces suppositions sont non seulement infondées, mais potentiellement dangereuses. Elles peuvent conduire à des soupçons injustifiés, à de la stigmatisation, voire à des accusations graves sans fondement.
Le cadre légal est clair : Divulguer ou chercher à obtenir des informations sur le fichage d’un individu constitue une atteinte grave à la vie privée et à la sécurité de l’État. Toute tentative d’identification publique est interdite et peut entraîner des sanctions.
Ce dispositif vise avant tout à permettre une surveillance discrète, proportionnée et encadrée, sans basculer dans une logique de délation ou de suspicion généralisée. La loi cherche ainsi à préserver un équilibre fragile entre sécurité collective et libertés individuelles.
En pratique, la seule chose que peut faire un citoyen confronté à une situation préoccupante est de signaler un comportement inquiétant aux autorités compétentes, sans jamais tirer de conclusions hâtives ni prétendre à un statut que seul l’État peut attribuer.
