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« Jetée au sol », téléphone arraché : une journaliste de Nice-Matin accuse un élu RN de Cagnes-sur-Mer de l’avoir agressée

Une journaliste de Nice-Matin affirme avoir été projetée au sol alors qu’elle enquêtait à Cagnes-sur-Mer. Son téléphone aurait également été arraché. Le quotidien dénonce des faits « d’une gravité extrême ».

Une journaliste venue couvrir les conséquences d’un incendie à Cagnes-sur-Mer affirme avoir été violemment prise à partie alors qu’elle effectuait son travail. Selon Nice-Matin, un conseiller municipal RN l’aurait bousculée, projetée au sol et lui aurait arraché son téléphone. La direction du quotidien dénonce des faits « d’une gravité extrême ».

Une journaliste qui se déplace pour couvrir un incendie, des voitures de luxe retrouvées calcinées au milieu d’une exploitation et, soudain, une situation qui aurait complètement dégénéré. L’affaire provoque l’indignation au sein de la rédaction de Nice-Matin.

Le quotidien régional accuse Ugo Massi, conseiller municipal à Cagnes-sur-Mer, d’avoir agressé l’une de ses journalistes mercredi 5 août 2026, alors qu’elle enquêtait sur les conséquences d’un incendie ayant ravagé des serres dans le Val de Cagne.

Les accusations sont particulièrement lourdes : la journaliste affirme avoir été bousculée puis projetée au sol, tandis que son téléphone lui aurait également été arraché.

Elle enquêtait sur des voitures de luxe brûlées

Tout commence lorsque la journaliste de Nice-Matin se rend sur une exploitation agricole touchée par un incendie.

Sur place, elle constate notamment la présence de plusieurs voitures de luxe brûlées. Elle est alors accompagnée d’une femme engagée dans le milieu associatif.

Selon le récit rapporté par Nice-Matin, le propriétaire de l’exploitation aurait commencé à prendre les deux femmes à partie.

La situation se serait ensuite brutalement envenimée.

Le fils du propriétaire, Ugo Massi, conseiller municipal RN de Cagnes-sur-Mer, aurait bousculé la journaliste avant de la projeter au sol.

Plus grave encore, toujours selon le récit de la journaliste, son téléphone lui aurait été arraché.

Elle aurait finalement été éloignée des lieux avec l’aide de proches de l’élu et aurait pu récupérer son appareil.

Nice-Matin dénonce des faits « d’une gravité extrême »

La réaction de la direction du journal ne s’est pas fait attendre.

« Nous ne pouvons cautionner cette agression. La rédaction apporte tout son soutien à la journaliste agressée », a déclaré à l’AFP Guilhem Ricavy, directeur adjoint de la rédaction de Nice-Matin.

Dans un éditorial publié par le quotidien, le responsable rappelle que la journaliste se trouvait sur place « dans le cadre de l’exercice de sa mission d’informer ».

La direction du journal va encore plus loin dans sa dénonciation :

« Elle a été agressée et jetée au sol. Ces faits sont d’une gravité extrême. »

Nice-Matin a également décidé d’interpeller directement la municipalité en adressant un courrier au maire de Cagnes-sur-Mer.

Le maire appelle à attendre les résultats de l’enquête

Interrogé par l’AFP, Bryan Masson, maire RN de Cagnes-sur-Mer, adopte pour sa part une position beaucoup plus prudente.

Il affirme attendre « sereinement » les conclusions de l’enquête de police et assure ne disposer à ce stade d’« aucun élément objectif » permettant de déterminer précisément ce qui s’est produit.

Le maire rappelle également le contexte particulièrement tendu : l’exploitation d’une famille d’agriculteurs venait d’être ravagée par un incendie.

Selon lui, les faits reprochés à Ugo Massi seraient par ailleurs intervenus dans le cadre de son activité professionnelle et non dans l’exercice de son mandat municipal.

Bryan Masson insiste enfin sur deux principes qui doivent, selon lui, être défendus simultanément : la liberté de la presse et la présomption d’innocence.

L’élu aurait ensuite appelé la journaliste pour s’excuser

Mais un élément supplémentaire rapporté par Nice-Matin risque d’alimenter encore davantage la polémique.

Selon la journaliste, Ugo Massi l’aurait appelée quelques heures seulement après l’incident afin de lui présenter ses excuses.

Au cours de cet échange téléphonique, il aurait notamment reconnu, selon son récit, « avoir porté la main sur elle ».

Cette déclaration rapportée par la journaliste ne dispense toutefois pas d’attendre les conclusions de l’enquête pour établir précisément les responsabilités et le déroulement des faits.

Une affaire particulièrement sensible pour la liberté de la presse

Au-delà de la confrontation elle-même, cette affaire pose une question essentielle : dans quelles conditions un journaliste peut-il encore exercer son métier lorsqu’il enquête sur le terrain ?

Photographier, constater, interroger et rendre compte de ce qui s’est produit constituent le cœur même du travail journalistique.

Si les faits dénoncés par Nice-Matin sont confirmés par l’enquête, la violence présumée ne pourrait donc pas être réduite à une simple altercation : une journaliste aurait été physiquement prise à partie alors qu’elle accomplissait une mission d’information.

C’est précisément pour cette raison que la direction de Nice-Matin a choisi de rendre l’affaire publique et de dénoncer avec force ce qu’elle considère comme une atteinte inacceptable au travail de sa rédaction.

L’enquête de police devra désormais déterminer exactement ce qui s’est passé ce mercredi-là sur cette exploitation de Cagnes-sur-Mer.

Yann GOURIOU

Auteur indépendant installé en Bretagne, je réalise des enquêtes et des reportages de terrain pour mon blog. J’écris avec une approche humaine, sensible et engagée, en donnant la parole à celles et ceux dont on n’entend rarement la voix.

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