Il achète son billet de train… 17 secondes trop tard : l’amende à 142 € choque les voyageurs
Contrôlé quelques minutes après être monté dans le train, cet homme pensait être en règle. Mais un retard de seulement 17 secondes sur l’achat de son billet lui a coûté une amende salée.
Il pensait avoir simplement évité de rater son train. Finalement, ce trajet lui aura coûté plus de 140 euros.
En Suisse, un homme de 32 ans a vécu une scène qui scandalise aujourd’hui de nombreux voyageurs sur les réseaux sociaux. Le 12 mai dernier, alors qu’il montait dans un train reliant Soleure à Berne, il a acheté son billet… seulement 17 secondes après le départ officiel de la rame.
👉 Quelques secondes. Pas quelques minutes. Pas une heure. Dix-sept secondes.
Mais dans les transports publics suisses, ce détail suffit à faire basculer un passager du côté des fraudeurs.
Sept minutes après le départ du train, des contrôleurs passent dans les wagons. L’homme présente alors son billet numérique acheté sur smartphone. Pensant être en règle, il ne s’attend absolument pas à ce qui va suivre.
Le verdict tombe immédiatement : amende de 130 francs suisses, soit environ 142 euros.
Sa compagne, montée quelques instants après lui, reçoit elle aussi une sanction : 90 francs suisses, soit près de 98 euros.
Sous le choc, le couple tente ensuite d’obtenir l’annulation des amendes. Après tout, le billet avait bien été acheté. Et avec seulement quelques secondes de retard.
Mais la réponse des autorités est sans appel.
« Nous comprenons votre frustration, d’autant plus que les billets ont été achetés quelques secondes seulement après le départ », leur ont répondu les services concernés.
Une formule polie… mais qui ne change absolument rien.
Car en Suisse, la règle est stricte : dès que le train démarre, tout achat effectué après l’heure officielle de départ peut être considéré comme invalide.
Les contrôleurs expliquent qu’ils ne peuvent pas savoir si un voyageur dit vrai lorsqu’il affirme être monté juste avant le départ.
Résultat : la sanction s’applique automatiquement.
Cette histoire a rapidement déclenché un débat dans le pays.
Pour beaucoup, une telle rigidité semble totalement disproportionnée. Certains internautes dénoncent une logique « absurde », où quelques secondes suffisent à transformer un client honnête en fraudeur.
Même des responsables politiques commencent à critiquer ce système.
Interrogé par le média suisse Blick, l’élu écologiste Marco Wyss estime que cette politique est « peu conviviale » et risque surtout de « faire fuir les clients ».
Mais du côté des transports publics, la justification est toujours la même : lutter contre la fraude.
Chaque année, les pertes liées aux voyageurs sans billet représenteraient près de 200 millions de francs suisses, soit environ 218 millions d’euros.
Face à ces chiffres énormes, les compagnies défendent donc une politique de tolérance zéro.
Pourtant, cette affaire intervient justement au moment où certaines autorités suisses demandent une réforme du système actuel. L’Office fédéral des transports estime désormais que les amendes automatiques ne sont peut-être plus adaptées à certaines situations.
En attendant, cet homme aura appris une leçon extrêmement coûteuse.
Lui-même reconnaît aujourd’hui qu’il ne sera « plus jamais en retard ».
Mais pour beaucoup de voyageurs, une question demeure : à partir de quand une règle cesse-t-elle d’être juste pour devenir totalement déconnectée de la réalité ?