Bruno Clermont viré de CNews après 4 ans d’antenne : le général dénonce un limogeage sans explications
Présent sur CNews depuis quatre ans, le général Bruno Clermont affirme avoir été évincé brutalement de la chaîne. Un simple SMS, un appel de quelques secondes et une accusation qui fait déjà grand bruit.
Après quatre années de présence régulière sur CNews, le général Bruno Clermont affirme avoir été brutalement écarté de l’antenne au début du mois de mars 2026. Consultant défense très connu des téléspectateurs de la chaîne d’information, il assure avoir appris la fin de sa collaboration par un simple message suivi d’un appel téléphonique, sans qu’aucune justification précise ne lui soit donnée.
Dans une enquête publiée par le quotidien Le Monde, l’ancien officier supérieur est revenu sur les circonstances de son départ. Habitué des émissions consacrées à l’actualité internationale, à la géopolitique et aux questions militaires, il explique avoir été remercié alors qu’il intervenait depuis plusieurs années sur les grands conflits internationaux.
Selon son témoignage, la décision lui aurait été annoncée le 5 mars 2026 par Serge Nedjar, directeur général de CNews. Bruno Clermont affirme avoir été surpris par cette rupture soudaine, d’autant plus qu’il entretenait jusque-là de bonnes relations avec la direction de la chaîne.
Bruno Clermont évoque des désaccords liés à ses analyses géopolitiques
Le général estime que certaines de ses prises de position à l’antenne auraient pu provoquer des tensions. Sans disposer d’explications officielles, il affirme que plusieurs de ses analyses militaires n’auraient pas été appréciées par Xenia Fedorova, ancienne dirigeante de RT France.
Depuis plusieurs mois, cette dernière occupe une place importante dans différents médias du groupe de Vincent Bolloré. Son exposition médiatique suscite régulièrement des débats, notamment en raison de son passé à la tête de la chaîne russe RT France, dont la diffusion a été interdite dans l’Union européenne à la suite de l’invasion de l’Ukraine par la Russie.
Bruno Clermont considère que son éviction pourrait être liée à des commentaires formulés lors de débats consacrés aux conflits internationaux. Il cite notamment une intervention au cours de laquelle il s’interrogeait sur le soutien apporté par Moscou à ses alliés au Moyen-Orient et comparait les performances militaires russes à celles des armées occidentales.
Une polémique qui prend de l’ampleur
Le militaire reconnaît ne disposer d’aucune preuve formelle concernant les raisons exactes de son départ. Il souligne toutefois que les circonstances de son éviction lui paraissent particulièrement floues.
Sur les réseaux sociaux, Bruno Clermont a déjà exprimé son incompréhension face à cette décision. Dans une publication relayée sur LinkedIn, il dénonçait un licenciement expéditif et affirmait qu’il n’avait jamais souhaité adopter une ligne favorable à la Russie.
L’ancien consultant revendique au contraire une approche qu’il qualifie de strictement française et indépendante dans ses analyses stratégiques. Il estime que son rôle consistait avant tout à apporter une expertise militaire fondée sur les faits observés sur le terrain, quelles que soient les sensibilités politiques ou diplomatiques en présence.
Une affaire qui relance les débats sur l’indépendance éditoriale
Cette prise de parole intervient dans un contexte de fortes tensions autour des questions de désinformation, d’influence étrangère et de traitement médiatique des conflits internationaux.
Les déclarations de Bruno Clermont alimentent désormais les interrogations sur les critères de sélection des experts invités sur les chaînes d’information en continu. Elles relancent également le débat sur la place occupée par certains intervenants liés aux questions géopolitiques sensibles, alors que les guerres en Ukraine, au Moyen-Orient et les relations entre l’Occident et la Russie continuent de polariser l’opinion publique.
Pour l’heure, ni CNews ni Xenia Fedorova n’ont publiquement détaillé les raisons évoquées par Bruno Clermont concernant la fin de sa collaboration avec la chaîne. L’affaire continue toutefois de susciter de nombreuses réactions dans les milieux médiatiques et militaires.