Le maire LFI décroche Macron de son bureau… et refuse de le remettre malgré la pression du préfet
Portrait de Macron décroché, préfet furieux, mairie en rébellion… le geste radical du maire LFI de Saint-Denis déclenche une énorme tempête politique.
Dans le bureau du maire de Saint-Denis, un détail attire immédiatement l’attention.
L’endroit où devrait normalement apparaître le portrait officiel du président de la République est vide.
Et dans un coin de la pièce, retourné contre un mur, le cadre d’Emmanuel Macron repose discrètement au sol.
Depuis plusieurs semaines, cette image circule dans les médias et provoque une véritable tempête politique.
Le nouveau maire LFI de Saint-Denis, Bally Bagayoko, refuse catégoriquement de raccrocher le portrait présidentiel dans son bureau.
- Un geste hautement symbolique.
- Mais surtout totalement assumé.
Le préfet de Seine-Saint-Denis, Julien Charles, a décidé d’intervenir officiellement.
Dans un courrier adressé au maire, il rappelle que même si aucune loi n’oblige les mairies à afficher le portrait du chef de l’État, cette pratique reste une “tradition républicaine”.
Selon lui, ce symbole doit permettre de “rassembler les citoyens autour des institutions, au-delà des clivages politiques”.
Le préfet demande donc au maire de “reconsidérer sa position”.
Mais la réponse de Bally Bagayoko est immédiate.
Et elle est explosive.
“Notre démarche s’inscrit dans une parfaite légalité et nous l’assumons pleinement”, affirme-t-il.
Pour lui, le problème n’est pas le portrait lui-même.
Le problème serait l’État.
Le maire explique que le portrait restera décroché “tant que l’État ne remplira pas ses obligations dans le cadre du pacte républicain”.
Il évoque notamment les difficultés sociales vécues par les habitants de Saint-Denis.
Logement, précarité, inégalités, services publics…
Selon l’élu LFI, le décrochage du portrait est devenu un acte politique destiné à dénoncer ce qu’il considère comme un abandon des quartiers populaires.
Dans une interview diffusée sur LCI, Bally Bagayoko a même expliqué qu’il attendait désormais “l’avènement d’une gauche de rupture et d’un nouveau président”.
Une phrase qui a immédiatement enflammé les réseaux sociaux.
Car derrière ce simple cadre décroché, beaucoup voient désormais un affrontement beaucoup plus large entre une partie de la gauche radicale et les institutions de la République.
Le sujet divise profondément.
- Certains soutiennent un geste de protestation symbolique et légal.
- D’autres dénoncent une attaque contre la fonction présidentielle et les symboles républicains.
Ce qui rend l’affaire encore plus sensible, c’est qu’aucune loi n’impose réellement la présence du portrait du président dans les bureaux des maires.
- Il s’agit avant tout d’un usage historique et protocolaire.
- Le préfet lui-même l’a reconnu dans son courrier.
- Mais politiquement, l’image est puissante.
Un portrait présidentiel retourné contre un mur dans la deuxième ville la plus peuplée d’Île-de-France après Paris.
Et un maire qui affirme publiquement qu’il ne cédera pas.
Cette affaire rappelle aussi les actions menées ces dernières années par certains militants écologistes qui avaient décroché des portraits d’Emmanuel Macron dans des mairies pour dénoncer “l’inaction climatique”.
- Plusieurs avaient été poursuivis en justice.
- Certains avaient été condamnés pour vol.
- D’autres avaient été relaxés au nom de la liberté d’expression.
Cette fois, la situation est différente.
- Le portrait n’a pas été volé.
- Il appartient toujours à la mairie.
- Il a simplement été retiré du mur.
Et ce détail change tout juridiquement.
À Saint-Denis, le débat dépasse désormais largement le simple cadre accroché dans un bureau.
Il devient un symbole de fracture politique, sociale et institutionnelle.
Un symbole qui pourrait encore faire parler jusqu’à la présidentielle de 2027.
Il en a parfaitement le droit et ce n’est pas le premier à le faire.
Deux cas précédemment, un en 2021 pour dénoncer le pass sanitaire et un en 2023 pour dénoncer l’état de délabrement du pays.
Rappelons que les deux maires en question n’étaient pas LFI.
Aucune loi et aucun article de la constitution n’oblige à ce que le portrait du président de la république soit accroché en mairie.
En 2023, une proposition de loi du groupe Ensemble pour la République visait à rendre l’affichage du portrait présidentiel obligatoire. Votée à l’Assemblée nationale, la loi n’a jamais été examinée par le Sénat, ni promulguée.