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En pleine sécheresse, cette commune continue d’arroser ses fleurs : son astuce change tout

Pourtant, si la commune peut continuer à arroser ses fleurs en pleine sécheresse, ce n’est ni une erreur ni une entorse aux restrictions : derrière cette situation étonnante se cache une explication bien précise.

Alors que les restrictions d’eau se multiplient en pleine sécheresse, une scène peut surprendre à Ballan-Miré, en Indre-et-Loire : les jardiniers municipaux continuent d’arroser les fleurs de la commune. Une entorse aux règles ? Pas du tout. Derrière ces arrosages se cache un dispositif qui permet à la ville de récupérer des centaines de milliers de litres d’eau de pluie.

Tuyau d’arrosage à la main, un jardinier municipal prend soin des massifs fleuris de Ballan-Miré, en plein mois d’août.

À première vue, la scène a de quoi faire réagir.

Car l’Indre-et-Loire est touchée par la sécheresse et plusieurs secteurs du département sont soumis à des mesures de restriction des usages de l’eau. La préfecture a encore renforcé le dispositif par un arrêté du 31 juillet 2026, face à une situation hydrologique et hydrogéologique qui continuait de se dégrader.

Alors comment cette commune peut-elle continuer tranquillement à arroser ses fleurs ?

La réponse se trouve… sous terre.

Une gigantesque réserve de 580 000 litres d’eau de pluie

La commune a investi dans un système permettant de récupérer et stocker l’eau de pluie.

Sous une ombrière photovoltaïque se trouve une immense cuve capable d’accueillir 580 m³ d’eau, soit 580 000 litres.

Lorsqu’il pleut, l’eau qui tombe sur la toiture est récupérée. Elle chemine ensuite à travers le système d’évacuation avant d’être acheminée vers cette réserve.

La ville peut ainsi conserver les précipitations tombées au cours de l’année et les utiliser lorsque les beaux jours et la sécheresse arrivent.

Une sorte de gigantesque « tirelire à eau ».

Et pour sa première année d’utilisation, le dispositif a déjà fait ses preuves : selon les responsables municipaux interrogés par TF1, la cuve a pu être entièrement remplie.

Les jardiniers ont abandonné l’arrosage classique

Les restrictions ne sont donc pas ignorées.

La commune a au contraire modifié ses pratiques.

Les systèmes d’arrosage habituels ont été stoppés et les agents municipaux utilisent désormais l’eau récupérée.

« Avec les restrictions d’eau, on a arrêté les arrosages intégrés et on arrose avec l’eau de récupération de pluie », explique à TF1 Thomas Ripault, jardinier paysagiste de la ville.

La nuance est essentielle : voir quelqu’un arroser pendant une période de restriction ne signifie donc pas nécessairement qu’il utilise de l’eau potable ou qu’il enfreint la réglementation.

Les mesures applicables dépendent notamment du niveau de gravité et de la ressource en eau concernée.

Jusqu’à 3 000 euros économisés chaque année

L’intérêt du système n’est pas seulement environnemental.

Il est également économique.

Avant son installation, une partie de l’eau nécessaire à l’entretien des espaces verts provenait de l’eau potable, tandis qu’une autre partie était puisée dans les eaux souterraines.

La récupération des eaux de ruissellement permet désormais de réduire fortement cette consommation.

Selon Matthieu Logeais, adjoint au maire chargé des travaux et du cadre de vie, interrogé par TF1, les économies atteindraient environ 3 000 euros par an par rapport à l’utilisation d’eau potable.

Le dispositif lui-même a représenté un investissement d’environ 30 000 euros, avec un financement annoncé à hauteur de 75 % par l’Agence de l’eau.

Une commune qui affirme être autonome pour l’arrosage

Le principe est relativement simple : récupérer l’eau lorsqu’elle est disponible plutôt que d’aller la chercher dans les réseaux lorsqu’elle devient rare.

Et la capacité de stockage semble largement suffisante pour les besoins municipaux.

Selon les responsables de Ballan-Miré, la réserve devrait permettre de poursuivre l’arrosage des plantations jusqu’à la fin du mois de septembre.

L’eau excédentaire, lorsque la cuve est pleine, retourne quant à elle vers le sol.

Une stratégie qui permet à la commune de continuer à entretenir ses espaces fleuris tout en réduisant sa dépendance à l’eau potable.

Une scène qui peut facilement prêter à confusion

L’expérience de Ballan-Miré illustre aussi un problème qui risque de devenir de plus en plus fréquent avec les épisodes de sécheresse.

Pour un passant, impossible de savoir ce qui sort du tuyau.

En voyant une collectivité arroser ses fleurs alors que des restrictions sont annoncées, la réaction peut être immédiate : « Pourquoi eux auraient-ils le droit d’arroser alors que nous devons économiser l’eau ? »

À Ballan-Miré, l’explication tient dans cette réserve constituée lorsque l’eau tombait gratuitement du ciel.

Et alors que les sécheresses imposent régulièrement des limitations d’usage, ce type de stockage pourrait devenir un outil de plus en plus intéressant pour les collectivités.

Car le véritable enjeu n’est peut-être plus seulement de réduire sa consommation lorsque l’eau manque.

Il consiste aussi à mieux récupérer celle qui tombe lorsqu’elle est disponible.


Sources et références

TF1 Info, août 2026« Sécheresse : pourquoi cette commune continue-t-elle à arroser ses fleurs en dépit des restrictions ? » — reportage consacré au système de récupération des eaux pluviales installé à Ballan-Miré.

Préfecture d’Indre-et-Loire, 31 juillet 2026 — arrêté portant limitation ou suspension temporaire des usages de l’eau dans le département et précisant les différents niveaux de restriction applicables selon les zones.

Yann GOURIOU

Auteur indépendant installé en Bretagne, je réalise des enquêtes et des reportages de terrain pour mon blog. J’écris avec une approche humaine, sensible et engagée, en donnant la parole à celles et ceux dont on n’entend rarement la voix.

Une réflexion sur “En pleine sécheresse, cette commune continue d’arroser ses fleurs : son astuce change tout

  • Marie-Christine Bonnefont

    Bravo, belle initiative, pourvu qu’elle serve d’ exemple et qu’elle soit suivie par de nombreuses communes …

    Répondre

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