Claude Guéant malade : ses révélations choc contre Nicolas Sarkozy
Affaibli par la maladie, Claude Guéant sort de l’ombre et règle ses comptes avec Nicolas Sarkozy en plein procès… Ce qu’il révèle pourrait tout faire basculer.
Le silence aura duré longtemps. Trop longtemps, peut-être.
Dans l’ombre d’un procès déjà explosif, une voix que l’on croyait éteinte vient de surgir. Fragile, fatiguée, mais terriblement déterminée. À 81 ans, affaibli par la maladie, Claude Guéant n’a pourtant pas dit son dernier mot.
Ce mardi 14 avril, alors que Nicolas Sarkozy terminait une nouvelle journée d’audition dans le cadre du procès en appel sur le financement présumé de sa campagne de 2007, un document inattendu est venu bouleverser l’équilibre fragile de l’audience.
Trois pages. Trois pages suffisent parfois à faire vaciller des années de loyauté.
Car derrière ces lignes, c’est un homme que tout le monde pensait indéfectiblement lié à l’ancien chef de l’État qui décide, pour la première fois, de prendre ses distances. Et pas à moitié.
Absent de l’audience pour raisons de santé, Claude Guéant a choisi de répondre autrement. Par écrit. Par l’intermédiaire de son avocat. Mais surtout, sans détour.
« J’ai été très déçu… Ce qu’a fait Nicolas Sarkozy n’est pas bien. »
La phrase claque comme une gifle.
Elle résonne dans les couloirs de la cour d’appel comme une rupture définitive entre deux hommes qui ont partagé près de vingt ans de pouvoir, de stratégie, de confidences… et de silence.
Car oui, pendant des années, Claude Guéant était l’ombre de Sarkozy. Son bras droit. Son homme de confiance. Celui qui savait. Celui qui exécutait.

Aujourd’hui, il parle.
Et ce qu’il dit dérange.
Dans son attestation, l’ancien ministre rejette fermement toute idée d’enrichissement personnel. Une ligne de défense claire, face aux soupçons liés à une somme de 500 000 euros évoquée par l’accusation.
Mais au-delà de sa défense, c’est une phrase qui intrigue, qui trouble, qui fait basculer l’attention.
« Je n’ai fait que suivre les instructions. »
Une phrase lourde de sens. Une phrase qui, sans accuser frontalement, redessine les responsabilités.
Et ce n’est pas tout.
Claude Guéant va plus loin. Il évoque plusieurs déplacements en Libye entre 2008 et 2011. Des voyages qui, selon lui, ne pouvaient exister sans validation au plus haut niveau.
Des missions réalisées, dit-il, « à la demande du président ».
Dans une salle d’audience suspendue à chaque mot, la tension monte d’un cran.
Car face à ces affirmations, la réponse est immédiate. Un démenti total. Un refus catégorique.
Mais le doute est désormais installé.
Et puis vient ce détail. Celui que personne n’attendait.
Un dîner à Tripoli. Juillet 2007. Une table officielle. Une rencontre avec Mouammar Kadhafi.
Ce soir-là, selon Claude Guéant, une demande aurait été formulée. Examiner la situation d’un homme précis. Abdallah Sennoussi. Un nom lourd, chargé d’histoire et de controverses.
Une version que Nicolas Sarkozy conteste avec fermeté.
Mais dans l’esprit du public, une question s’installe : qui dit vrai ?
Comme si cela ne suffisait pas, Claude Guéant s’attaque aussi à des éléments plus personnels. Il conteste notamment les propos affirmant que son épouse n’aurait jamais rencontré Nicolas Sarkozy.
« C’est inexact », écrit-il.
Des rencontres auraient eu lieu « à de nombreuses reprises ».
Des détails, en apparence. Mais dans un procès où chaque mot compte, rien n’est anodin.
Au fil de son témoignage, une image se dessine. Celle d’un homme fatigué, atteint physiquement… mais lucide. Déterminé à ne pas laisser son nom sombrer dans le soupçon.
Un homme qui refuse d’endosser seul ce qu’il considère comme une responsabilité collective.
Et surtout, un homme profondément blessé.
Selon son entourage, Claude Guéant serait aujourd’hui « écœuré ». Écœuré par la tournure des événements. Par ce qu’il perçoit comme un abandon. Un désaveu public.
Le mot est fort. Mais il résume tout.
Car au-delà du procès, c’est une histoire humaine qui se fissure.
Une relation de confiance brisée sous les projecteurs de la justice.
Deux anciens alliés. Deux trajectoires désormais opposées. Deux versions qui s’affrontent.
Et au centre, une vérité que chacun tente d’imposer.
Le procès continue. Les audiences s’enchaînent. Les déclarations s’opposent.
Mais une chose est sûre désormais.
Le silence n’existe plus.