Voici comment je fais mon fact-checking sur MyJournal.fr
Comment vérifier une information avant de la publier ? Dans les coulisses de MyJournal.fr, je présente ma méthode : retrouver les sources, vérifier le contexte, distinguer les faits des commentaires et reconnaître les limites.
Derrière un article publié sur MyJournal.fr, il y a une question, une idée ou une information qui mérite d’être examinée. Mais comment savoir si ce que l’on lit sur Internet est exact, incomplet ou sorti de son contexte ?
Voici les repères que je m’impose lorsque je traite une information.
Je préfère le dire d’emblée : je ne prétends pas être infaillible. MyJournal.fr est un site indépendant, et je ne dispose pas d’une équipe de vérification. Cela ne m’empêche pas de prendre le sujet au sérieux. Au contraire, cela m’oblige à rester prudent sur ce que je peux affirmer.
Je remonte à l’origine de l’information
Quand une affirmation circule sur les réseaux sociaux ou dans plusieurs articles, je cherche d’abord d’où elle vient.
Est-ce un document officiel, une déclaration, une étude, un témoignage ou une information rapportée par un média ?
Un article qui reprend un autre article ne constitue pas automatiquement une confirmation indépendante. Je tente donc, quand c’est possible, de retrouver la source d’origine : le communiqué, le texte, l’étude, la vidéo complète ou la déclaration entière. Si je ne peux pas y accéder, je dois le garder à l’esprit et éviter de présenter l’information comme définitivement établie.
Je vérifie la date et le contexte
Une information peut être vraie, mais ancienne. Une photo peut être authentique, mais prise dans un autre pays ou lors d’un événement différent. Une citation peut être exacte, mais coupée de ce qui a été dit avant ou après.
Je vérifie donc la date, le lieu et le contexte. Je me demande aussi si l’information a évolué depuis sa première publication. Sur Internet, une vieille nouvelle peut rapidement réapparaître comme si elle venait de se produire.
Je compare les sources
Je ne m’arrête pas au premier résultat trouvé. Je cherche à voir si d’autres sources fiables rapportent les mêmes faits et si elles s’appuient réellement sur des éléments distincts.
Le nombre de sites qui répètent une information ne suffit pas à la rendre vraie : plusieurs articles peuvent reprendre la même source initiale. Ce qui compte, c’est de comprendre sur quelles preuves repose l’affirmation et si elles peuvent être vérifiées.
Je distingue les faits, les déclarations et les commentaires
Dans un article, tout n’a pas le même statut. Un document consultable, une déclaration attribuée à une personne, une accusation et une analyse personnelle ne sont pas des faits de même nature.
Je dois donc choisir mes mots avec précision. Une personne peut être « accusée » sans avoir été reconnue coupable. Une mesure peut être « annoncée » sans être déjà entrée en vigueur. Et une interprétation doit être présentée comme une interprétation, pas comme une certitude.
Cette distinction est essentielle : un titre accrocheur ne doit pas transformer une supposition en vérité.
Je regarde aussi les images et les contenus viraux avec prudence
Une capture d’écran ne montre pas toujours la page complète. Une vidéo peut avoir été raccourcie ou publiée sans les images qui la précèdent. Une photographie, même réelle, ne prouve pas à elle seule la légende qui l’accompagne.
Quand un contenu viral est au cœur d’un sujet, je cherche à retrouver sa première publication et à vérifier ce qu’il permet réellement d’affirmer.
Si je n’ai pas assez d’éléments, je dois le dire plutôt que de combler les blancs par des suppositions.
L’intelligence artificielle ne remplace pas la vérification
L’intelligence artificielle peut m’aider à organiser des idées, à reformuler un texte ou à préparer une première version. Mais elle ne constitue pas une source et peut se tromper.
La responsabilité de l’article reste la mienne. Les informations importantes doivent être confrontées à des sources consultables, et le texte doit être relu avant publication. Une réponse bien formulée n’est pas une preuve.
Il m’arrive de ne pas pouvoir tout confirmer
Vérifier une information ne signifie pas toujours parvenir à une réponse définitive. Une source peut être inaccessible, des éléments peuvent se contredire ou une enquête peut être en cours.
Dans ces situations, la prudence consiste à expliquer ce qui est établi, ce qui est rapporté et ce qui reste incertain. Si les éléments disponibles ne permettent pas de trancher, je ne dois pas faire croire le contraire.
Je peux aussi me tromper. Si une erreur m’est signalée et qu’elle est confirmée, je dois corriger l’article de façon claire. La confiance ne repose pas sur la prétention à ne jamais se tromper, mais sur la manière de traiter les faits et de rectifier une erreur.
Une méthode perfectible, mais une exigence claire
Les sujets de MyJournal.fr peuvent partir de mes propres interrogations, de mon expérience, ou d’une information repérée en ligne. Quelle que soit leur origine, je dois me poser la même question : qu’est-ce que je peux réellement affirmer, et sur quels éléments ?
C’est cela, pour moi, le fact-checking : remonter aux sources, vérifier le contexte, distinguer les faits des interprétations et reconnaître les limites de ce que l’on sait.
Je veux que les lecteurs puissent comprendre non seulement ce qui est raconté, mais aussi sur quoi l’article s’appuie. Et lorsque je ne peux pas vérifier un point, je préfère le signaler plutôt que de donner une certitude de façade.