Influenceur sous 3 OQTF : Pourquoi la justice lui accorde finalement un titre de séjour
Trois obligations de quitter la France, une condamnation pour menaces et pourtant… un titre de séjour délivré. La décision de justice concernant l’influenceur Imad Tintin déclenche une tempête politique et relance le débat explosif sur les OQTF et l’accord franco-algérien de 1968.
L’affaire d’Imad Ould Brahim, plus connu sur les réseaux sociaux sous le nom d’Imad Tintin, est en train de déclencher une véritable tempête médiatique en France.
En quelques heures, cette histoire a envahi les réseaux sociaux et les débats politiques. Une question revient partout : comment un influenceur visé par trois obligations de quitter le territoire français a-t-il pu obtenir finalement un titre de séjour ?
La réponse se trouve dans une décision judiciaire rendue par le tribunal administratif de Grenoble, qui a décidé d’annuler la mesure prise par la préfecture.
Une décision qui, pour certains, illustre la complexité du droit français de l’immigration. Pour d’autres, elle symbolise au contraire les contradictions d’un système déjà très contesté.
Tout commence avec la situation administrative d’Imad Ould Brahim.
L’homme, âgé de 32 ans, est installé en France depuis 2021. Sur internet, il s’est fait connaître sous le pseudonyme Imad Tintin, avec une audience importante sur les réseaux sociaux.
Mais son parcours en France a rapidement attiré l’attention des autorités.
Selon plusieurs informations relayées dans la presse, il aurait été visé par trois obligations de quitter le territoire français, ces décisions administratives censées obliger un étranger en situation irrégulière à quitter le pays.
👉 En théorie, une OQTF signifie que la personne doit quitter la France.
👉 En pratique, la réalité est bien plus complexe.

Chaque année, des dizaines de milliers d’OQTF sont prononcées. Pourtant, seule une partie d’entre elles est réellement exécutée. Les procédures juridiques, les recours et certaines situations familiales peuvent parfois suspendre ces décisions.
👉 C’est précisément ce qui s’est produit dans cette affaire.
L’influenceur a contesté la décision devant la justice administrative.
Et c’est là que l’affaire prend un tournant inattendu.
Le tribunal administratif de Grenoble a estimé que la situation personnelle d’Imad Ould Brahim devait être examinée sous un autre angle : celui de sa vie familiale.
👉 Car l’homme n’est pas seul en France.
Il est marié et père d’un enfant né sur le territoire français.
📍 Pour les juges, cet élément est central.
Le droit européen protège le respect de la vie privée et familiale, et les tribunaux doivent vérifier qu’une expulsion ne porte pas une atteinte disproportionnée à ce droit.
Dans ce dossier, la justice a estimé que la situation familiale de l’influenceur devait être prise en compte.
Autre élément juridique déterminant : l’accord franco-algérien de 1968.
Ce texte particulier régit le statut des ressortissants algériens en France. Il prévoit certaines dispositions spécifiques concernant le séjour et la délivrance de titres de résidence.
Dans certains cas, cet accord peut permettre à un ressortissant algérien d’obtenir un titre de séjour lorsque sa vie familiale est établie en France.
C’est l’un des arguments juridiques qui ont pesé dans la décision du tribunal.
La justice a donc annulé la décision de la préfecture et ordonné que la situation d’Imad Ould Brahim soit réexaminée.
🫨 Résultat : un titre de séjour doit lui être délivré. 🙃
Mais l’affaire ne s’arrête pas là.
Car l’influenceur avait également été condamné pour menaces de violences, à la suite de propos polémiques publiés sur les réseaux sociaux.
Ces déclarations avaient provoqué une vive controverse et alimenté de nombreuses critiques.
Pour une partie de l’opinion publique, cette condamnation rend la décision judiciaire difficile à comprendre.
Pour d’autres, elle montre simplement que le droit administratif et le droit pénal sont deux choses différentes.
La décision du tribunal ne concerne en effet que la question du droit au séjour, pas les condamnations pénales.
Et c’est précisément cette distinction qui nourrit aujourd’hui le débat.
Depuis l’annonce de la décision, l’affaire s’est transformée en véritable sujet politique.
Certains responsables dénoncent une situation qu’ils jugent incompréhensible.
D’autres rappellent que les juges ne font qu’appliquer les textes existants, notamment la protection de la vie familiale.
Au cœur de la polémique, un texte revient constamment dans les discussions : l’accord franco-algérien de 1968.
Ce traité, signé il y a plus d’un demi-siècle, donne aux ressortissants algériens un régime spécifique en matière de séjour.
Depuis plusieurs années, certains responsables politiques demandent sa révision.
L’affaire Imad Tintin vient relancer ce débat explosif.
Une chose est certaine : cette décision judiciaire dépasse désormais largement le cas d’un influenceur.
Elle met en lumière les tensions entre politique d’expulsion, droit familial et règles juridiques internationales.
Et dans un pays où la question de l’immigration reste l’un des sujets les plus sensibles, cette affaire n’a sans doute pas fini de faire parler d’elle.