Roubaix : explosion des indemnités du maire (LFI) David Guiraud, la polémique enfle
Une décision votée en toute discrétion… mais qui choque déjà toute la ville. Les chiffres sont hallucinants.
À Roubaix, la nouvelle majorité fait déjà grincer des dents… et pas qu’un peu.
À peine installé dans le fauteuil de maire, David Guiraud déclenche une tempête politique explosive. En cause : une envolée spectaculaire des indemnités, votée dès le premier conseil municipal. Une décision qui passe très mal, surtout dans une ville où de nombreux habitants peinent à boucler leurs fins de mois.
Le chiffre choque immédiatement : le maire percevra désormais 4 876 euros par mois, soit une augmentation de 475 euros par rapport à son prédécesseur, Alexandre Garcin. Une hausse de plus de 10 % qui, pour l’opposition, donne le ton d’un mandat déjà controversé.
Mais ce n’est que la partie visible de l’iceberg.
Derrière, c’est toute la grille des indemnités qui explose. Les adjoints voient leur rémunération bondir de manière vertigineuse : +58 % pour certains représentants à la Métropole de Lille, +55 % pour d’autres adjoints sans mandat supplémentaire. Certains frôlent même les plafonds légaux, comme Arsène Igoussimène, dont l’indemnité atteint des sommets.
Et ce n’est pas fini.
Un conseiller spécial, Mehdi Massrour, souvent comparé à un adjoint officieux, voit son indemnité littéralement exploser : +138 %. Une augmentation qui fait bondir les élus d’opposition, dénonçant une gestion jugée « indécente ».
Pendant que certains voient leurs revenus grimper en flèche, d’autres encaissent une chute brutale. Les conseillers municipaux sans délégation voient leur indemnité divisée par deux, tombant à seulement 123 euros. Quant aux conseillers délégués, ils subissent une baisse de 31 %. Une redistribution qui alimente un sentiment d’injustice et de favoritisme.
Résultat : une enveloppe globale qui atteint désormais 55 929 euros mensuels, soit une hausse de 18 % par rapport à l’ancienne équipe municipale.
Dans l’hémicycle, la colère est immédiate.
L’opposition dénonce un « passage en force » et un « système à deux vitesses ». Isabelle Deheunynck évoque une décision « incompréhensible » au vu du contexte social. Maël Camerlynck parle de « chiffres accablants » et d’une « véritable claque pour l’opposition ».
De son côté, le maire assume totalement.
Pour David Guiraud, ces augmentations sont justifiées par la charge de travail accrue. Il défend une équipe « resserrée », avec des adjoints mobilisés à mi-temps, voire à temps plein pour certains postes sensibles. Il insiste également sur le fait que son indemnité reste, selon lui, dans la moyenne basse des villes comparables.
Mais l’argument ne convainc pas tout le monde.
Dans une ville marquée par des difficultés économiques profondes, cette décision apparaît pour beaucoup comme un symbole déconnecté de la réalité. Une première polémique qui pourrait bien laisser des traces durables dans ce début de mandat… déjà sous haute tension.