Il achète une voiture d’occasion à 8 500 €… La carte grise est au nom d’Emmanuel Macron !
Il pensait avoir réalisé l’affaire du siècle avec cette Mégane RS. Lors des vérifications, les policiers découvrent une voiture signalée volée, sans assurance et une carte grise portant le nom du président de la République. Le tribunal vient de trancher.
Il croyait avoir déniché une Renault Mégane RS à un prix imbattable. Quelques mois plus tard, des vérifications policières lui révèlent un scénario invraisemblable : la sportive est signalée volée, n’est pas assurée et son certificat d’immatriculation porte le nom d’Emmanuel Macron, avec l’adresse du palais de l’Élysée.
Jugé à Clermont-Ferrand, l’acheteur a finalement été relaxé pour le recel de vol, mais condamné pour avoir circulé sans assurance.
Une Renault Mégane RS vendue très en dessous de sa valeur
L’histoire débute en février 2025. Un habitant de Clermont-Ferrand âgé de 27 ans repère sur les réseaux sociaux une annonce concernant une Renault Mégane RS.
La voiture, proposée par un garage de Seine-Saint-Denis par l’intermédiaire d’un tiers, est affichée au prix de 8 500 euros.
Le tarif a de quoi faire rêver : devant le tribunal correctionnel de Clermont-Ferrand, la valeur du véhicule a été estimée entre 13 000 et 14 000 euros. Malgré cette différence importante, le jeune homme décide de saisir l’occasion.
La transaction se déroule dans des circonstances inhabituelles. Selon ses déclarations rapportées à l’audience, il achète la voiture vers 3 heures du matin, après une longue journée de travail. Il affirme ne pas avoir prêté suffisamment attention aux documents qui lui ont été remis.
Une simple clé attire l’attention des policiers
Contrairement à ce que certains récits peuvent laisser croire, le Clermontois n’aurait pas été arrêté au volant de la Mégane.
Le 18 juin 2026, il est contrôlé avec un collègue dans son véhicule de fonction. Les policiers remarquent alors sur lui la clé de la sportive et décident de procéder à des vérifications.
La Mégane se trouve à ce moment-là dans un garage pour être réparée. D’après son propriétaire, elle est tombée en panne peu après son achat. Il explique avoir différé le changement de titulaire de la carte grise afin de pouvoir se retourner contre le vendeur.
Les recherches effectuées par les enquêteurs font toutefois apparaître plusieurs anomalies majeures : la voiture est signalée volée, elle n’est pas assurée et son certificat d’immatriculation n’est pas au nom de l’acheteur.
La carte grise mentionne Emmanuel Macron et l’adresse de l’Élysée
Le détail le plus stupéfiant se trouve sur le certificat d’immatriculation : le nom indiqué est celui d’Emmanuel Macron.
L’adresse renseignée correspond au 55, rue du Faubourg-Saint-Honoré, à Paris, soit celle du palais de l’Élysée.
Le jeune homme assure n’avoir découvert cette information que pendant sa garde à vue. Devant les juges, il raconte avoir cru à une plaisanterie lorsque le policier lui a annoncé le nom figurant sur le document.
Le véhicule avait par ailleurs été verbalisé à plusieurs reprises. Selon l’hypothèse évoquée pendant la procédure, l’utilisation de l’identité du président de la République aurait permis de détourner les contraventions de leurs destinataires habituels.
Ce point doit néanmoins être présenté avec prudence : rien ne permet d’affirmer que l’acheteur aurait lui-même organisé cette manipulation.
Le parquet relève plusieurs éléments troublants
L’automobiliste se retrouve poursuivi devant le tribunal correctionnel de Clermont-Ferrand pour recel de vol et conduite sans assurance.
À l’audience du mardi 28 juillet 2026, le ministère public souligne plusieurs circonstances suspectes : un achat conclu en pleine nuit, un prix largement inférieur à la valeur estimée du véhicule et un acheteur auquel il ne restait, selon les éléments rapportés au tribunal, que trois points sur son permis.
Le prévenu affirme pourtant avoir été lui-même victime d’une escroquerie. Il soutient qu’il ignorait que la Mégane était signalée volée et nie toute implication dans l’utilisation frauduleuse du nom d’Emmanuel Macron.
Selon la défense, la carte grise aurait été modifiée après la vente
Son avocat, Me Jean-Hubert Portejoie, insiste sur la chronologie des événements. D’après la défense, le véhicule a été acheté le 8 février 2025 et la carte grise au nom du président aurait été établie après la transaction.
L’avocat avance que des contraventions liées à la voiture seraient d’abord remontées jusqu’au vendeur. La société aurait alors utilisé l’identité d’Emmanuel Macron en représailles.
Cette version constitue toutefois la thèse présentée par la défense. Elle ne permet pas, à elle seule, d’attribuer définitivement la falsification à une personne précise.
Relaxé pour le recel, condamné pour l’absence d’assurance
Le tribunal a finalement estimé que le jeune homme ne pouvait pas être déclaré coupable de recel de vol. Il a donc été relaxé de ce chef et la restitution de la Renault Mégane RS a été ordonnée.
Il n’est toutefois pas sorti du tribunal sans sanction. Reconnu coupable d’avoir circulé sans assurance, il a été condamné à une amende de 500 euros.
Cette distinction est essentielle : contrairement à certaines formulations trompeuses, l’acheteur n’a pas reçu 500 euros d’amende pour recel de vol. Il a été relaxé pour cette infraction et sanctionné uniquement pour le défaut d’assurance.
Une « affaire du siècle » qui aurait pu lui coûter très cher
Cette histoire rocambolesque rappelle qu’un prix anormalement bas doit immédiatement éveiller les soupçons lors de l’achat d’un véhicule d’occasion.
L’identité du vendeur, le certificat de situation administrative, le numéro de série, la carte grise, l’historique du véhicule et son assurance doivent être vérifiés avant de prendre la route.
Dans cette affaire, la justice a retenu que les preuves n’étaient pas suffisantes pour condamner l’acheteur pour recel. Mais son manque de vigilance administrative l’a tout de même conduit en garde à vue, puis devant le tribunal — avec, en prime, la découverte d’une carte grise au nom du président de la République.
- Les faits et la décision judiciaire sont notamment rapportés par Le Parisien, La Dépêche du Midi et La Voix du Nord.