Éléonore Laloux, élue porteuse de trisomie 21, humiliée en direct : la vidéo qui scandalise la France
Conseillère municipale à Arras et figure engagée pour l’inclusion des personnes handicapées, Éléonore Laloux se retrouve au cœur d’un immense scandale après la diffusion d’une vidéo dans laquelle un influenceur multiplie les insultes et les moqueries liées à sa trisomie 21.
À Arras, la sidération est totale. Une vidéo publiée en direct sur YouTube a déclenché une vague de colère jusque dans le monde politique après les propos tenus contre Éléonore Laloux, conseillère municipale de la République française porteuse de trisomie 21.
Comme l’a révélé l’AFP, un influenceur suivi par plus de 47 000 abonnés est accusé d’avoir humilié publiquement l’élue dans une séquence d’une violence verbale sidérante. La vidéo, aujourd’hui supprimée mais toujours massivement relayée sur les réseaux sociaux, montre l’homme multiplier les insultes et les moqueries en imitant sa façon de parler et en utilisant à plusieurs reprises le terme « mongolienne ».
Mais c’est surtout une phrase qui a fait exploser la polémique :
« Moi, je n’ai pas envie d’un mongolien dans ma ville. Moi, s’il y a un mongolien maire de ma ville, je me barre. »
Des propos jugés tellement choquants qu’ils ont immédiatement provoqué une réaction du maire d’Arras, Frédéric Leturque. Selon l’AFP, l’édile a déposé plainte pour injure publique envers un élu. Une plainte distincte a également été déposée par Éléonore Laloux elle-même.
Très rapidement, l’affaire a pris une dimension nationale. Sur les réseaux sociaux, Frédéric Leturque a dénoncé des moqueries « inacceptables » qui participent, selon lui, à une banalisation extrêmement dangereuse de la haine et des discriminations envers les personnes handicapées.

Toujours selon l’AFP, le maire d’Arras a également adressé une lettre au président Emmanuel Macron afin de réclamer une condamnation ferme de ces propos. Il souhaite également saisir Arcom pour dénoncer ce qu’il qualifie de « dérives intolérables ».
La famille d’Éléonore Laloux aurait été alertée par des proches choqués après avoir découvert les extraits circulant en ligne. Son père, Emmanuel Laloux, a expliqué à l’AFP que sa fille avait été profondément bouleversée en apprenant le contenu de la vidéo. Il a également confié que ce n’était malheureusement pas la première fois qu’elle subissait des humiliations liées à son handicap.
L’affaire a provoqué une vague de réactions politiques. Xavier Bertrand a dénoncé « la lâcheté » de ceux qui tournent le handicap en dérision uniquement pour générer de l’audience et faire le buzz.
Derrière ce scandale, beaucoup de Français découvrent ou redécouvrent aujourd’hui le parcours d’Éléonore Laloux. Élue au conseil municipal d’Arras depuis 2020, elle est devenue au fil des années une figure emblématique du combat pour l’inclusion des personnes porteuses de trisomie 21.
Née à Arras en 1985, Éléonore Laloux s’est imposée dans le débat public grâce à son engagement associatif, ses prises de parole médiatiques et son livre Triso et alors !, publié en 2014. Porte-parole du Collectif Les Amis d’Éléonore, elle milite depuis des années contre la stigmatisation des personnes handicapées et pour leur pleine place dans la société française.
👉 Son parcours a marqué l’opinion publique. En 2021, elle a été décorée chevalier de l’ordre national du Mérite. En 2023, elle est devenue la première élue porteuse de trisomie 21 à célébrer un mariage en France. La même année, Mattel l’a choisie comme ambassadrice de la première Barbie porteuse de trisomie 21.
En mars 2025, elle a même pris la parole à l’Organisation des Nations unies à Genève lors d’une session consacrée aux droits des personnes handicapées et à leur place dans la vie publique et politique.
C’est précisément ce parcours, symbole d’intégration et de dignité républicaine, qui rend aujourd’hui cette affaire encore plus explosive. Car pour de nombreux internautes et responsables politiques, les insultes visant Éléonore Laloux dépassent largement le simple « buzz » d’un influenceur : elles relancent le débat sur la haine en ligne, les humiliations publiques et les limites toujours plus floues de certains contenus diffusés sur les réseaux sociaux.
👉 C’est une honte ! 😱