POLITIQUE

Nice : La France Insoumise demande le retrait de la statue de Jeanne d’Arc

À Nice, la statue dorée de Jeanne d’Arc installée sous Christian Estrosi relance une violente bataille politique. La France Insoumise réclame désormais son retrait, dénonçant un symbole récupéré par l’extrême droite.

À Nice, la polémique autour de la statue de Jeanne d’Arc est loin d’être terminée. Installée près du quartier de la Libération durant le mandat de Christian Estrosi, cette sculpture dorée continue de provoquer de vives tensions politiques. Depuis plusieurs mois, La France Insoumise multiplie les attaques contre ce monument devenu, selon certains militants, un symbole récupéré par l’extrême droite locale.

Alors que la nouvelle municipalité soutenue par le Rassemblement National tente d’afficher une image plus « ouverte » et « modérée », le débat autour de cette statue revient régulièrement sur le devant de la scène politique niçoise.

Une statue de Jeanne d’Arc devenue un sujet explosif à Nice

L’inauguration de cette effigie dorée de Jeanne d’Arc en 2024 avait déjà déclenché une importante controverse. Commandée par la régie métropolitaine des parkings afin d’orner le jardin Jeanne-d’Arc, l’œuvre avait immédiatement suscité des critiques de la gauche niçoise.

Pour certains opposants, cette installation représentait une atteinte au principe de laïcité. D’autres dénonçaient un message politique implicite, estimant que la figure de Jeanne d’Arc était utilisée comme un clin d’œil adressé à l’extrême droite.

Aujourd’hui encore, la contestation reste vive. Le 2 mai dernier, un représentant départemental de La France Insoumise a directement appelé sur les réseaux sociaux à retirer la statue. Dans son message visant Éric Ciotti et son adjoint à la culture Auguste Vérola, il estimait que cette œuvre symbolisait « le bilan Estrosi » et constituait un point de ralliement pour différentes mouvances d’extrême droite présentes à Nice.

LFI dénonce un « repère des fachos »

Parmi les voix les plus critiques figure Olivier Salerno. Déjà en mai 2025, celui-ci accusait plusieurs responsables politiques locaux, dont Renaud Muselier, Christian Estrosi et Éric Ciotti, d’alimenter indirectement la montée de l’extrême droite.

Selon lui, la statue de Jeanne d’Arc voulue par Christian Estrosi serait devenue un lieu de rassemblement pour les militants identitaires. Une accusation reprise par plusieurs collectifs locaux opposés au projet.

Le collectif citoyen « Viva ! » avait également dénoncé le choix des artistes chargés de réaliser l’œuvre. L’Atelier Missor, à l’origine de la sculpture, est régulièrement associé à des positions qualifiées d’identitaires par ses détracteurs. Pour l’association, cette installation financée par un satellite de la Métropole représentait une véritable provocation politique.

Les défenseurs de la statue invoquent l’histoire et la République

Face aux critiques, plusieurs élus et soutiens du projet défendent une lecture totalement différente de Jeanne d’Arc.

Gaël Nofri, à l’origine de la commande, avait expliqué que Jeanne d’Arc ne devait pas être « confisquée » par un seul courant politique. Selon lui, la figure historique incarne autant le courage, l’espérance et le refus du renoncement qu’une part importante de l’histoire républicaine française.

Il rappelait également que la canonisation de Jeanne d’Arc avait été demandée sous la IIIe République, estimant qu’honorer cette figure historique ne relevait pas d’une démarche partisane, mais d’un attachement à l’histoire nationale.

Pour les soutiens du projet, supprimer cette statue reviendrait au contraire à effacer une partie de l’identité historique et culturelle française.

Portrait serré d’Éric Ciotti à Nice lors d’un déplacement public, le député et maire soutenu par le RN apparaissant au cœur de la polémique autour de la statue de Jeanne d’Arc critiquée par La France Insoumise.
Éric Ciotti

Éric Ciotti tente d’apaiser les tensions politiques à Nice

Depuis son arrivée à la tête de la municipalité niçoise avec le soutien du Rassemblement National, Éric Ciotti cherche toutefois à afficher une posture d’apaisement.

Le maire a récemment multiplié les gestes envers ses opposants politiques. Il a notamment soutenu le maintien à la direction du Théâtre national d’une personnalité engagée dans la campagne de son adversaire. Il a également confié la présidence de la Commission des finances à l’élu communiste Julien Picot.

Dans le même temps, la municipalité a annoncé l’installation prochaine d’une statue dédiée au résistant communiste Max Barel à l’entrée du Port Lympia, un symbole fort destiné à répondre aux accusations de proximité idéologique avec l’extrême droite.

Mais malgré ces gestes, la controverse autour de « Jeanne d’Arc à Nice, et La France Insoumise » continue d’alimenter le débat politique local, entre mémoire historique, symboles républicains et affrontements idéologiques.

Yann GOURIOU

Auteur indépendant installé en Bretagne, je réalise des enquêtes et des reportages de terrain pour mon blog. J’écris avec une approche humaine, sensible et engagée, en donnant la parole à celles et ceux dont on n’entend rarement la voix.

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