SOCIETE

« Sans drogue, je ne pouvais plus rien faire » : Matthieu Delormeau se confie

Il pensait encore contrôler sa vie, mais la drogue avait déjà pris le pouvoir. Dans son livre « Addictions« , Matthieu Delormeau raconte sans détour sa dépendance à la cocaïne, au GHB et aux médicaments. Déni, isolement, perte de contrôle et sevrage éprouvant : l’ancien chroniqueur révèle comment il a sombré sans même s’en apercevoir.

À l’occasion de la sortie de son premier livre, Addictions – Il a suffi d’une fois…, Matthieu Delormeau raconte comment la drogue s’est progressivement installée dans son quotidien. Cocaïne, GHB, médicaments, déni, isolement, cure et rechutes : l’ancien chroniqueur de Cyril Hanouna décrit une descente aux enfers qu’il affirme ne pas avoir vue venir.

Pendant des années, le public a connu Matthieu Delormeau comme animateur du Mag, présentateur des Anges de la téléréalité, producteur et chroniqueur dans Touche pas à mon poste, puis dans Tout beau, tout n9uf. Derrière cette personnalité médiatique, souvent provocatrice et souriante, se cachait pourtant une réalité beaucoup plus sombre.

Dans Addictions, publié le 23 avril 2026 aux éditions Leduc, Matthieu Delormeau revient sur trois années marquées par sa dépendance à la cocaïne, au GHB et aux médicaments. Il y raconte les premiers effets trompeurs, la perte progressive de contrôle et le difficile chemin vers le sevrage.

Matthieu Delormeau se met à nu dans son premier livre

Se livrer aussi profondément dans un premier ouvrage représentait un pari risqué. Pourtant, Matthieu Delormeau estime que cette sincérité a permis aux lecteurs de se reconnaître dans son témoignage.

Selon lui, le public perçoit immédiatement lorsqu’une histoire est authentique. Lors de ses rencontres avec les lecteurs, l’animateur dit avoir découvert l’ampleur de la souffrance provoquée par les dépendances. Certains viennent lui parler de leur propre consommation, tandis que d’autres évoquent le combat d’un proche.

Le succès rencontré par son livre aurait dépassé ses attentes, avec environ 15 000 exemplaires vendus au moment de l’interview. Mais au-delà des ventes, il retient surtout les témoignages reçus depuis sa publication.

Une addiction que Matthieu Delormeau n’a pas vue s’installer

Avant de sombrer dans la drogue, Matthieu Delormeau décrit une existence particulièrement disciplinée. Il faisait du sport, buvait peu et suivait un emploi du temps presque militaire. Cette apparente maîtrise n’a pourtant pas empêché l’addiction de prendre progressivement le contrôle.

« Je ne me suis pas du tout vu chuter », reconnaît-il aujourd’hui.

Avec le recul, il se souvient de soirées sordides et d’un quotidien devenu de plus en plus sombre. Mais, au moment où il vivait cette période, il n’aurait pas mesuré l’ampleur de sa descente.

D’après son témoignage, la drogue ne détruit pas tout immédiatement. Elle agit insidieusement, jusqu’à faire perdre son travail, son argent, ses proches et l’estime de soi. Le déni permet alors de continuer à consommer tout en minimisant la gravité de la situation.

La cocaïne comme fausse échappatoire à l’anxiété

Matthieu Delormeau explique que la cocaïne lui donnait, dans un premier temps, l’impression de faire disparaître tous ses problèmes. Lorsqu’il consommait, son anxiété s’effaçait momentanément. Il pouvait rester chez lui, jouer au poker en ligne ou regarder la télévision sans penser à ses difficultés.

Mais dès que les effets retombaient, les angoisses revenaient. Son cerveau aurait alors rapidement associé la consommation à un soulagement immédiat.

C’est précisément là que se referme le piège de l’addiction : au commencement, la personne peut se sentir plus énergique, plus drôle, plus performante et plus sociable. Elle croit contrôler le produit et ne voit aucune raison de s’inquiéter.

Puis la consommation devient indispensable. Les effets recherchés laissent progressivement place à la paranoïa, à l’agressivité et à l’isolement. Matthieu Delormeau raconte notamment avoir envoyé des messages extrêmement violents à certains de ses proches, jusqu’à perdre une partie de son entourage.

Il compare cette emprise à une pieuvre dont les tentacules se resserrent lentement autour de sa victime.

Addiction et célébrité : un lien que Matthieu Delormeau réfute

Pour Matthieu Delormeau, son addiction ne serait pas une conséquence directe de la célébrité ou de son travail à la télévision. La dépendance peut toucher n’importe qui, quels que soient le métier, le milieu social ou les revenus.

Il refuse également que la cocaïne soit présentée comme une simple drogue festive. L’addiction est une maladie qui peut nécessiter un accompagnement médical, psychiatrique et addictologique.

Il alerte aussi sur la consommation de drogues de synthèse chez les jeunes adultes. Moins coûteux que la cocaïne, certains produits peuvent circuler dans les soirées et donner l’illusion d’un danger moindre. Leur prix plus accessible ne les rend pourtant ni anodins ni moins risqués.

Gros plan de Matthieu Delormeau prenant la parole sur un plateau de télévision, avant ses révélations sur son addiction à la drogue et son sevrage.
Matthieu Delormeau addiction

Le moment où Matthieu Delormeau comprend qu’il a perdu le contrôle

Le déclic serait survenu alors que sa société rencontrait de graves difficultés. Son associé tentait de l’alerter, mais Matthieu Delormeau reconnaît qu’il n’était plus réellement capable de travailler.

Un matin, il décide de tout arrêter et jette les trois grammes de cocaïne qu’il possède encore chez lui. Très vite, son état physique et mental se dégrade. Il voit flou, transpire abondamment et ne parvient plus à lire correctement ses courriels.

Il comprend alors qu’il doit reprendre de la drogue pour accomplir les gestes les plus ordinaires, comme travailler ou envoyer un simple message.

Cette perte totale d’autonomie lui fait prendre conscience de la gravité de son addiction. Sans produit, explique-t-il, son cerveau semblait incapable de fonctionner normalement.

Une cure éprouvante et un sevrage en plusieurs étapes

Matthieu Delormeau raconte avoir vécu des premières semaines de cure particulièrement difficiles. Durant les premiers jours, il reste isolé dans une chambre et reçoit ses repas sans toujours parvenir à s’alimenter.

Il compare cette période à une forte grippe qui ne s’arrêterait jamais. Une fois la phase la plus aiguë passée, le travail thérapeutique peut commencer.

Pour lui, traiter uniquement les conséquences physiques ne suffit pas. Il faut également comprendre les raisons qui ont conduit à la consommation : anxiété, dépression, solitude, traumatismes ou mal-être profond.

Après l’arrêt de la drogue, Matthieu Delormeau affirme avoir également dû réduire progressivement certains traitements prescrits pendant sa prise en charge. Le retour à domicile constitue ensuite une nouvelle épreuve : les soignants ne sont plus présents en permanence et la personne doit apprendre à affronter seule les situations à risque.

À l’approche de sa première année de sevrage, il assure aujourd’hui retrouver le bonheur, tout en reconnaissant que le parcours reste difficile.

Pourquoi il ne faut pas culpabiliser une personne dépendante

Matthieu Delormeau insiste sur un point : obliger une personne à entrer en cure ne suffit pas. Selon lui, la décision doit venir du malade lui-même, lorsque celui-ci prend conscience de son état et accepte de recevoir de l’aide.

Répéter à une personne dépendante qu’elle doit se soigner peut renforcer sa culpabilité sans provoquer le déclic attendu. L’entourage peut alerter, soutenir et proposer une aide, mais il ne peut pas accomplir le travail de guérison à sa place.

Son message est clair : une personne souffrant d’addiction n’est pas simplement dépourvue de volonté. C’est un patient qui a besoin de temps, d’un accompagnement adapté et d’une prise en charge médicale.

Son avertissement aux jeunes tentés par la drogue

À travers son livre, Matthieu Delormeau souhaite surtout mettre en garde ceux qui considèrent encore la drogue comme quelque chose de festif ou de séduisant.

Il les invite à découvrir les véritables coulisses de l’addiction : la dépendance, la solitude, les mensonges, la dégradation physique, la perte des proches et l’impossibilité de fonctionner sans produit.

Son avertissement est sans détour : personne ne peut être certain de rester plus fort que la drogue. Une consommation présentée comme occasionnelle peut devenir une dépendance bien plus rapidement qu’on ne l’imagine.

Avec Addictions, Matthieu Delormeau espère désormais aider ceux qui traversent une épreuve comparable. Écrire ce livre lui permet également de poursuivre sa propre reconstruction. Il considère aujourd’hui ce témoignage comme le projet le plus important de sa vie.

Yann GOURIOU

Auteur indépendant installé en Bretagne, je réalise des enquêtes et des reportages de terrain pour mon blog. J’écris avec une approche humaine, sensible et engagée, en donnant la parole à celles et ceux dont on n’entend rarement la voix.

Une réflexion sur “« Sans drogue, je ne pouvais plus rien faire » : Matthieu Delormeau se confie

  • Je suis d’accord avec les propos de Matthieu Delormeau quand il dit ceci :

    « Obliger une personne à entrer en cure ne suffit pas. La décision doit venir du malade lui-même, lorsque celui-ci prend conscience de son état et accepte de recevoir de l’aide. ».

    Répondre

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Qui sommes-nousCharte éditorialeMentions légalesPartenariats & PublicitéContact
© MyJournal.fr — Média indépendant fondé et dirigé par Yann GOURIOU.
Rédacteur en chef : Yann GOURIOU — Tous droits réservés.