Canicule : Sans volets, 34 °C dans son appartement… à 93 ans, elle ne survivra pas
Louisette Rivalain, 93 ans, est décédée après une hyperthermie dans son appartement situé à Sceaux. Privée de volets depuis plusieurs mois après des travaux, son logement atteignait 34 °C lors de la canicule, suscitant une vive émotion et un débat national sur l’adaptation des logements aux fortes chaleurs.
La mort de Louisette Rivalain, 93 ans, bouleverse l’opinion publique. Cette ancienne aide-soignante est décédée après avoir subi une hyperthermie dans son appartement surchauffé, où les températures atteignaient 34 °C. Son logement, situé au septième étage d’une résidence à Sceaux (Hauts-de-Seine), était privé de volets depuis plusieurs mois à la suite de travaux de rénovation.
Une disparition qui soulève aujourd’hui de nombreuses interrogations sur la protection des personnes âgées face aux épisodes de canicule de plus en plus fréquents.
Découverte inanimée après plusieurs jours de chaleur extrême
Le 29 juin, alors que les Hauts-de-Seine venaient tout juste de sortir de la vigilance rouge canicule, la fille d’une ancienne voisine décide de prendre des nouvelles de Louisette Rivalain.
N’obtenant aucune réponse, elle force la porte de l’appartement.
À l’intérieur, la scène est dramatique.
La nonagénaire est retrouvée inconsciente. Les secours interviennent rapidement mais ne parviennent pas à la sauver. Elle décède le lendemain des suites d’une hyperthermie, provoquée par une température corporelle devenue impossible à réguler.
Son décès intervient alors que Santé publique France estime que la vague de chaleur de juin a entraîné plus de 2 000 décès supplémentaires sur le territoire français.
Des volets retirés… puis jamais réinstallés
Ce qui choque aujourd’hui, c’est l’état du logement dans lequel vivait Louisette.
Selon les informations révélées par Le Parisien, les volets avaient été retirés dans le cadre d’une rénovation thermique de l’immeuble.
Ils n’auraient jamais été remis en place.
Résultat : chaque journée ensoleillée transformait son appartement en véritable four.
❌ Le thermomètre affichait 34 °C à l’intérieur.
Pour tenter de limiter la chaleur, un simple rideau avait finalement été posé quelques jours avant son décès.
Mais selon Odile Sant, proche de la victime, il ne s’agissait que d’un voilage décoratif.
« Ce n’était absolument pas une protection contre le soleil. »
Toujours selon les informations publiées, le médecin de Louisette avait pourtant prescrit l’installation de volets afin de protéger la retraitée des fortes chaleurs.
Malgré plusieurs courriers et relances adressés au bailleur, la situation n’aurait pas évolué avant le drame.
Un décès qui provoque une immense vague d’indignation
Depuis l’annonce de son décès, plusieurs associations dénoncent un drame qui, selon elles, aurait pu être évité.
Les associations CSF Robinson et SOS Robinson estiment que des mesures supplémentaires auraient dû être prises afin d’assurer la sécurité de cette personne âgée particulièrement exposée aux fortes chaleurs.
De son côté, la mairie de Sceaux indique que Louisette Rivalain figurait bien sur le registre communal des personnes vulnérables.
Dans un communiqué, le maire Philippe Laurent, également président-directeur général du bailleur concerné, affirme que plusieurs visites avaient été effectuées et que des propositions d’accueil dans des espaces climatisés lui avaient été faites.
👉 Selon la municipalité, la retraitée refusait régulièrement l’aide qui lui était proposée, préférant rester chez elle malgré les températures élevées.
L’affaire s’invite jusqu’à l’Assemblée nationale
Le drame dépasse désormais le simple fait divers.
À l’Assemblée nationale, plusieurs députés ont exprimé leur émotion.
Le député Thomas Portes a dénoncé sur les réseaux sociaux une situation qu’il juge inacceptable.
Même réaction du député François Piquemal, qui a déposé une proposition de loi visant à renforcer les protections contre les canicules dans les logements.
Le texte prévoit notamment que chaque habitation puisse disposer :
- de volets ou de protections solaires efficaces,
- d’une ventilation nocturne adaptée,
- de brasseurs d’air lorsque cela est nécessaire.
Le député propose également qu’un locataire puisse suspendre le paiement de son loyer lorsqu’un logement ne dispose pas d’équipements permettant de faire face aux épisodes de chaleur extrême.
Parallèlement, le Sénat examine actuellement un projet de loi visant à faciliter l’installation de volets et de climatiseurs dans les logements.
Les canicules deviennent un enjeu majeur de santé publique
Avec le réchauffement climatique, les épisodes de chaleur extrême se multiplient.
Les personnes âgées, particulièrement lorsqu’elles vivent seules, figurent parmi les populations les plus exposées.
Le décès de Louisette Rivalain relance ainsi le débat sur la responsabilité des propriétaires, des bailleurs et des pouvoirs publics pour adapter rapidement les logements aux températures extrêmes.
Une question qui pourrait devenir l’un des grands enjeux sanitaires des prochaines années.